Évaluation du patrimoine urbain ARRONDISSEMENT Pierrefonds — Senneville Service de la mise en valeur du territoire et du patrimoine Direction du développement urbain Division du patrimoine et de la toponymie

Évaluation du patrimoine urbain ARRONDISSEMENT Pierrefonds — Senneville Étude réalisée par le Service de la mise en valeur du territoire et du patrimoine

Direction du développement urbain, sous la direction de Madame Céline Topp

Cette analyse du patrimoine urbain a été réalisée par la Division du patrimoine et de la toponymie sous la direction de Jean-François Gravel, chef de division. Le travail a été effectué de janvier 2003 à mai 2004 dans le cadre de la préparation du Plan d’urbanisme de la Ville de Montréal, qui a été adopté par le Conseil municipal le 23 novembre 2004. L’équipe du projet comprend, pour l’évaluation du patrimoine bâti et la recherche historique, Julie Boivin, Elizabeth Bonner, Anne-Marie Dufour, Guy Lafontaine, Christiane Lefebvre et Pierre-Paul Savignac, architectes, et Denise Caron, historienne. La recherche et l’écriture pour le patrimoine archéologique ont été réalisées par Claire Mousseau, archéologue, avec la collaboration de Françoise Duguay, François Bélanger, Anne-Marie Balac et Christian Roy, également archéologues. De plus, Gisèle Trépanier, conseillère en aménagement, et Nicole Halpert, chargée de communication, ont participé à la révision des textes tandis que Ginette Bouchard, secrétaire d’unité administrative, a procédé à la saisie de texte. Finalement, nous tenons à remercier nos collaborateurs des directions de l’aménagement urbain et des services aux entreprises des arrondissements.

Remerciements

Rendus cartographiques : Division des politiques et du Plan d’urbanisme Révision linguistique : Sylvie Poulin Conception graphique et mise en page : Marie Violaine Lamarche Photographies : Ville de Montréal, Bibliothèque nationale du Québec, P. Fauteux, D. B Webster, Ministère de la Culture et des Communications du Québec

Ce document fait partie d’une série de cahiers qui ont été réalisés pour chacun des 27 arrondissements de la Ville de Montréal. Les différents cahiers d’évaluation du patrimoine urbain peuvent être consultés sur notre site internet à l’adresse suivante: ville..qc.ca/patrimoine

ISBN 2-7647-0445-3

Dépôt légal – Bibliothèque nationale du Québec, 2005 Dépôt légal – Bibliothèque nationale du , 2005

Service de la mise en valeur du territoire et du patrimoine Direction du développement urbain Division du patrimoine et de la toponymie

TABLE DES MATIÈRES ARRONDISSEMENT de Pierrefonds-Senneville 7 AVANT-PROPOS

9 1. CADRE MÉTHODOLOGIQUE

9 1.1 Introduction 9 1.2 Le cadre bâti d’intérêt patrimonial 9 1.2.1 Approche, étapes et résultats 11 1.2.2 Critères de sélection 14 1.3 Les tracés fondateurs d’intérêt patrimonial 14 1.4 Le patrimoine archéologique 14 1.4.1 Le caractère spécifique de ce patrimoine 16 1.4.2 La démarche générale d’acquisition de connaissances et de conservation 17 1.4.3 L’approche méthodologique et l’identification du patrimoine archéologique au Plan d’urbanisme 19 1.5 Nouvelles perspectives

21 2. HISTORIQUE

25 3. ÉVALUATION DU PATRIMOINE URBAIN

25 3.1 Mise en situation 27 3.2 Résultat de l’analyse 27 3.2.1 Les tracés fondateurs d’intérêt patrimonial 28 3.2.2 Le cadre bâti d’intérêt patrimonial 28 A Les secteurs de valeur patrimoniale exceptionnelle 33 B Les ensembles urbains d’intérêt 35 C Les immeubles de valeur patrimoniale exceptionnelle 36 D Les immeubles de valeur patrimoniale intéressante 37 E Les éléments particuliers du paysage Carte synthèse : Évaluation du patrimoine urbain 41 3.2.3 Le patrimoine archéologique 42 A Les secteurs d’intérêt archéologique à fort potentiel 44 B Les secteurs d’intérêt archéologique 45 C Les sites archéologiques 46 D Les biens culturels à statut Carte synthèse : Le patrimoine archéologique

49 4. RECOMMANDATIONS

49 4.1 Générales à l’échelle de l’arrondissement 50 4.2 Générales à l’échelle montréalaise 51 4.3 Spécifiques à l’arrondissement

53 BIBLIOGRAPHIE

AVANT-PROPOS

Le repérage du patrimoine urbain dont nous faisons C’est la première fois que l’on entreprend un tel travail état ici a été réalisé dans le cadre de l’élaboration du pour les 27 arrondissements de l’île, travail qui suppose Plan d’urbanisme de la Ville de Montréal, qui a été non seulement l’examen de nouvelles thématiques et adopté par le Conseil municipal le 23 novembre 2004. l’établissement de collaborations avec les arrondisse- ments de Montréal, mais aussi une harmonisation Le chapitre 2 de la première partie du Plan d’urbanisme des visions et des représentations que les arrondisse- formule différentes orientations d’aménagement ments ont de leur patrimoine. Par exemple, dans pour Montréal et comprend une section sur le patri- certains cas, seul le patrimoine du Régime français moine bâti, archéologique et naturel. Le repérage était privilégié; ailleurs, on n’avait jamais considéré des secteurs et bâtiments d’intérêt patrimonial et des que le parc immobilier plus récent puisse avoir une secteurs d’intérêt archéologique contribuera à atteindre valeur patrimoniale. Ce repérage connexe au Plan l’objectif de conservation énoncé dans le Plan. Il a été d’urbanisme constitue donc une chance unique de mené par la Division du patrimoine et de la topo- faire converger des visions différentes et d’envisager nymie en collaboration avec la Division des politiques le patrimoine de l’ensemble des arrondissements de et du Plan d’urbanisme du Service de la mise en Montréal dans une perspective commune. valeur du territoire et du patrimoine, de janvier 2003 à mai 2004. En ce qui a trait aux sites archéologiques recensés, la liste a été mise à jour en mars 2004.

Préparés par la Division du patrimoine et de la topo- nymie, les « Cahiers d’arrondissement » présentent la méthodologie du travail de repérage, un bref his- torique de chacun des arrondissements, les résultats complets du repérage du patrimoine bâti et archéo- logique, la justification des choix des secteurs, des recommandations et une bibliographie. Ces cahiers, qui constituent un document d’appoint au Plan d’urbanisme, s’adressent d’abord aux citoyens et aux gestionnaires des arrondissements afin de les sensibiliser à l’importance de conserver le patrimoine de leur localité, ainsi que de les aider à mieux com- prendre le territoire et à développer des outils de gestion et de contrôle appropriés pour assurer la conservation de leur patrimoine urbain.

ARRONDISSEMENT 7 de Pierrefonds-Senneville

1. CADRE MÉTHODOLOGIQUE

1.1 Introduction 1.2 Le cadre bâti d’intérêt patrimonial

Le patrimoine urbain montréalais ne se limite pas à 1.2.1 Approche, étapes et résultats une addition de bâtiments individuels de grand intérêt. Il porte aussi l’empreinte des époques passées sous L’approche choisie pour la sélection des bâtiments et forme de tracés de rues, de paysages, de constructions, secteurs s’appuie sur le concept de paysage urbain d’éléments naturels, de vestiges archéologiques ou développé par Kevin Lynch, selon lequel le territoire de vues exceptionnelles. Le patrimoine urbain forme se découvre à partir de l’intérieur et non à vol d’oiseau l’environnement dans lequel nous vivons aujourd’hui (en plan), et se compose d’une succession de séquences et chacune de ses composantes entretient des relations visuelles expérimentées le long d’un parcours. complexes avec les autres. Ainsi, un bâtiment contribue Cette approche, basée sur l’expérience spatiale, com- à la qualité et à l’identité d’un lieu, et inversement, porte au moins deux implications. L’une marque notre certaines qualités qui lui sont extérieures rehaussent préférence pour la considération des bâtiments son attrait. Par exemple, une église et une école exceptionnels ou intéressants dans leur contexte donnant sur un parc ajoutent à son intérêt; un amé- plutôt qu’en tant qu’objets isolés. L’autre est que les nagement paysager particulier, tel un écrin, peut con- limites des secteurs sélectionnés sont déterminées tribuer à rehausser la valeur patrimoniale d’un bâtiment; par le champ visuel. Ces limites ne sont donc pas une habitation plutôt modeste peut se trouver dans arbitrairement placées au centre des rues mais bien un secteur qui présente de belles qualités d’ensemble au fond des lots afin d’englober toutes les com- (homogénéité, couvert végétal, etc.) ; et des rues peu- posantes du champ visuel. vent offrir des vues exceptionnelles sur un élément naturel ou construit. La nature multidimensionnelle Même si elles sont réalisées pour tout le territoire de du patrimoine urbain fait qu’on ne peut considérer la ville de Montréal, la sélection et la qualification des ses composantes isolément. Ainsi, l’ancienneté, le bâtiments et secteurs patrimoniaux peuvent contribuer potentiel d’évocation historique, la qualité architec- à faire ressortir la spécificité des arrondissements. En turale, l’harmonie et les qualités visuelles, la présence effet, Montréal est composée de différents territoires d’éléments naturels, le tracé des rues, le potentiel ou qui possèdent une identité et une histoire propres qui l’intérêt archéologique sont autant de facteurs que méritent d’être reconnues. Nous avons pris le parti de nous avons pris en compte afin de jeter les bases d’une choisir l’arrondissement comme échelle d’observation meilleure intégration du patrimoine aux probléma- du territoire afin de dégager ces spécificités locales. tiques urbaines. De la sorte, les arrondissements qui ont connu un développement plus récent sont également considérés La structure méthodologique comprend trois volets. et les particularités de leur patrimoine sont reconnues. Le premier traite de l’approche et des critères employés pour le cadre bâti d’intérêt patrimonial, le second explique ce que nous entendons par la notion de tracés fondateurs d’intérêt patrimonial, et le troisième expose les critères utilisés pour le patrimoine archéologique.

ARRONDISSEMENT 9 de Pierrefonds-Senneville

Si ce repérage fondé sur l’expérience spatiale prend 13) Préparation des cartes et listes finales. largement appui sur un travail d’observation sur le 14) Identification de quelques bâtiments et secteurs terrain, il n’aurait pu être achevé sans l’étude de d’intérêt patrimonial exceptionnel qui se démar- sources documentaires. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un quent à l’échelle montréalaise (les incontournables). processus linéaire, voici les principales étapes suivies par la Division du patrimoine et de la toponymie : Tout au long des différentes étapes du projet, les résul- tats du travail ont été bonifiés par les connaissances 1) Préparation de critères de sélection. des professionnels des arrondissements et de divers 2) Rencontre avec chacun des 27 arrondissements pour comités rattachés à la préparation du Plan d’urbanisme. exposer la démarche et les critères de sélection. 3) Visite du territoire de chacun des arrondissements Les résultats du repérage du patrimoine urbain se avec les professionnels concernés. présentent sous forme de listes de bâtiments et de 4) Recherche et étude de la documentation existante cartes définissant des secteurs d’intérêt. Il est important pour chacun des arrondissements : de comprendre que ces deux éléments ne peuvent – inventaires, études patrimoniales, études typo- être dissociés l’un de l’autre – ils sont complémentaires. morphologiques, monographies, dépouillement Ainsi, on a inclus dans les listes tous les bâtiments de périodiques, bases de données (Service des exceptionnels de chacun des arrondissements, mais il immeubles, Communauté urbaine de Montréal, était impossible d’inscrire tous les bâtiments intéres- Fondation du patrimoine religieux, etc.) ; sants, étant donné leur trop grand nombre. Nous nous – cartographie ancienne et photos aériennes. sommes donc limités à nommer individuellement les 5) Collecte d’informations thématiques : bâtiments qualifiés d’intéressants qui se trouvaient – inventaires (les églises, les écoles, etc.),dépouille- à l’extérieur de secteurs d’intérêt. Ces deux outils ment de périodiques (le patrimoine moderne, etc.); doivent donc être interprétés en complémentarité. – consultation d’un expert en patrimoine industriel. Le système d’identification des secteurs utilisé dans 6) Élaboration d’un historique et d’une bibliographie le document correspond à celui des cartes. Le premier pour chacun des arrondissements. chiffre correspond au numéro d’arrondissement. Il est 7) Analyse de la documentation et détermination suivi de la lettre E pour les secteurs de valeur patri- préliminaire des territoires et immeubles d’intérêt moniale exceptionnelle, de la lettre I pour les secteurs pour chacun des arrondissements. de valeur patrimoniale intéressante, de la lettre N 8) Travail sur le terrain: repérage en voiture et à pied pour les secteurs industriels d’intérêt ou par la lettre U avec la collaboration de certains arrondissements. pour les secteurs urbains d’intérêt. Le deuxième chiffre 9) Photographies et report des données spatiales correspond au numéro du secteur. sur des cartes. 10) Vérification de la cohérence du traitement des L’échéancier de réalisation du Plan d’urbanisme, secteurs d’intérêt qui chevauchent plusieurs les ressources disponibles ainsi que l’état actuel des arrondissements. connaissances sur les différents bâtiments et lieux 11) Catégorisation des secteurs et immeubles d’intérêt d’intérêt ont été déterminants quant à la méthodologie patrimonial (exceptionnels et intéressants). adoptée. Ces contraintes inévitables ont constitué un 12) Rédaction de courts textes résumant l’intérêt défi de taille pour la production de ce document qui patrimonial de chacun des secteurs sélectionnés. est, malgré tout, une base solide à partir de laquelle on pourra amorcer une réflexion plus poussée sur la protection du patrimoine montréalais.

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1.2.2 Critères de sélection – Intéressants: ensembles comprenant plusieurs bâti- ments et certaines caractéristiques environnementales LES SECTEURS D’INTÉRÊT PATRIMONIAL qui présentent un intérêt patrimonial. Ce sont toutefois des ensembles dont la trame urbaine peut avoir été Les secteurs d’intérêt patrimonial ont été sélectionnés partiellement modifiée, qui ont pu connaître un sur la base des critères suivants1 : certain nombre de perturbations et qui renferment – leur capacité de témoigner d’un thème ou d’un parfois des constructions peu intégrées à l’ensemble. événement historique ; Certaines zones dont l’état est moins satisfaisant sur – leur qualité architecturale (forme, usage, technologie le plan architectural ou environnemental pourraient constructive) ; présenter un intérêt si une action de mise en valeur – leur participation à la qualité de la vie urbaine était entreprise. et du paysage. Dans tous les cas, l’échelle de comparaison pour cette À titre d’exemple, on identifie le noyau originel qualification est l’arrondissement, c’est-à-dire que nous d’un village, un pôle d’activité lié à la concentration avons identifié les secteurs exceptionnels et intéres- d’équipements collectifs, un quartier ouvrier du début sants propres à l’arrondissement, ce qui fait ressortir du siècle, etc. Cette notion de patrimoine est englo- sa spécificité dans l’ensemble montréalais. Lorsqu’un bante et correspond aux nouvelles tendances secteur se révèle avoir une importance à l’échelle véhiculées par les chartes internationales en matière montréalaise, on pourra recommander sa protection en de conservation. procédant à la constitution d’un site du patrimoine en vertu de la Loi sur les biens culturels du Québec3. Tous les secteurs identifiés ont ensuite été qualifiés comme suit2 :

– Exceptionnels: secteurs ayant conservé leurs qualités au chapitre des aménagements urbains, des implan- tations de bâtiments, de la géographie et des paysages et qui regroupent des suites architecturales, des alignements de bâtiments d’intérêt patrimonial, des zones unifiées par une fonction ou une typologie architecturale. Les ensembles de cette catégorie ont subi relativement peu de perturbations et présentent un caractère d’harmonie formelle et fonctionnelle. De plus, ils sont souvent reconnus comme des témoins historiques importants.

1 Ces critères sont issus du document de travail Guide de gestion des 3 Conformément au document de travail Citation et constitution de sites études patrimoniales préparé par la Division du patrimoine et de la du patrimoine préparé par la Division du patrimoine et de la toponymie toponymie de la Ville de Montréal en 2001 et révisé en 2003. de la Ville de Montréal en novembre 2003. 2 Ces critères sont inspirés du Guide d’évaluation des biens culturels et des districts historiques de la Ville d’Ottawa, 1987.

ARRONDISSEMENT 11 de Pierrefonds-Senneville

LES IMMEUBLES D’INTÉRÊT PATRIMONIAL turale ainsi qu’à son lien particulier avec la trame urbaine. Les critères utilisés sont les suivants6 : Les immeubles d’intérêt patrimonial ont été sélectionnés sur la base des critères suivants4 : – la valeur historique et sociale d’une industrie dans le développement de l’arrondissement, de la ville – leur capacité de témoigner d’un thème ou d’un ou même de la province et du pays ; événement historique ; – l’intégrité du complexe (ancienneté, évolution – leur qualité architecturale (forme, usage, technologie architecturale, évolution technologique) ; constructive) ; – le procédé de production particulier; – leur participation à la qualité de la vie urbaine et du – le lien avec les voies de transport ; paysage. – le lien avec le développement des quartiers ouvriers; Cette notion de patrimoine est englobante et corres- – l’insertion dans le paysage urbain. pond aux nouvelles tendances véhiculées par les chartes internationales en matière de conservation. Finalement, tous les immeubles d’intérêt patrimonial 7 Outre l’architecture monumentale, elle inclut donc ont été qualifiés comme suit : l’architecture vernaculaire, le patrimoine moderne, le – Exceptionnel : un bâtiment ancien par rapport aux patrimoine industriel, etc. autres bâtiments de l’arrondissement construits aux Dans les cas du patrimoine moderne et du patrimoine mêmes fins et(ou) qui affiche des caractéristiques industriel, nous avons jugé utile d’utiliser des critères inhabituelles ou remarquables quant à son architecture spécifiquement adaptés à ces réalités. (par rapport à des bâtiments comparables) et qui n’a pas subi de modifications extérieures importantes. Patrimoine moderne : Des bâtiments peuvent être De plus, il sert souvent de point de repère ou est considérés comme faisant partie du patrimoine reconnu comme un témoin historique important. moderne s’ils ont été construits entre 1930 et 1975 – Intéressant: un bâtiment qui n’est pas nécessairement et qu’ils illustrent les caractéristiques de cette époque plus ancien que ceux construits aux mêmes fins dans relativement5 : l’arrondissement, qui affiche certaines caractéristiques inhabituelles ou remarquables par rapport à des – aux conditions sociales, économiques et politiques bâtiments comparables mais dans une moindre changeantes ; mesure que dans la catégorie précédente, et qui – aux progrès technologiques rapides ; peut avoir subi quelques modifications. – aux nouvelles façons d’exprimer les formes et de répondre aux besoins fonctionnels.

Patrimoine industriel : Le patrimoine industriel commande aussi une adaptation des critères en usage pour reconnaître sa spécificité, notamment quant à la primauté de la fonction sur l’esthétique architec-

4 Ces critères sont issus du document de travail Guide de gestion des 6. Ces critères proviennent de l’Évaluation du patrimoine industriel: critères études patrimoniales préparé par la Division du patrimoine et de la généraux, document préparé par Archémi pour le compte de la Ville de toponymie de la Ville de Montréal en 2001 et révisé en 2003. Montréal en 2003. 5. Ces critères sont issus du Plan du réseau des lieux historiques nationaux 7. Ces critères sont inspirés du Guide d’évaluation des biens culturels et des du Canada : La commémoration du patrimoine bâti canadien de l’ère districts historiques de la Ville d’Ottawa, 1987. moderne préparé par Parcs Canada en 2001.

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Comme dans le cas des secteurs d’intérêt patrimonial, Les ensembles industriels d’intérêt : Le Plan l’échelle de comparaison pour ce travail de qualification d’urbanisme signale l’importance du patrimoine indus- est l’arrondissement, c’est-à-dire que nous avons triel montréalais en créant une catégorie particulière identifié les bâtiments exceptionnels et intéressants – Ensembles industriels d’intérêt. Cette catégorie propres à l’arrondissement, ce qui fait ressortir sa est d’autant plus justifiée que le regard posé sur ces spécificité dans l’ensemble montréalais. Lorsqu’un sites est différent en raison de leur taille et de leur bâtiment se révèle avoir une importance à l’échelle complexité, de la primauté de leur fonction sur montréalaise, on pourra recommander sa protection l’esthétique architecturale ainsi que de leur lien par- par la citation en vertu de la Loi sur les biens culturels ticulier avec la trame urbaine. du Québec8. De plus, les ensembles industriels d’intérêt offrent des possibilités de mise en valeur nombreuses et variées. Il peut s’agir autant de restauration que d’interprétation NOTIONS NOUVELLES du lieu. Cette diversité d’interventions possibles com- Les ensembles urbains d’intérêt : Le Plan d’urba- mande une excellente connaissance des lieux et nisme reconnaît l’intérêt de certains développements activités de production, laquelle est malheureusement résidentiels d’après-guerre, qui composent une part trop souvent embryonnaire actuellement. L’amélioration importante du patrimoine des anciennes banlieues, de cette connaissance est pourtant nécessaire pour en créant une catégorie appelée Ensembles urbains permettre des interventions éclairées et même inno- d’intérêt. On y retrouve, entre autres, des ensembles vatrices qui inscriront pleinement ce patrimoine dans homogènes de bungalows, des secteurs de maisons la vie urbaine contemporaine. qui adoptent le modèle développé par la Wartime Le critère qui préside à la sélection d’un ensemble Housing Limited ou des exemples des premières industriel d’intérêt est le regroupement particulièrement coopératives d’habitation. Leur repérage est exploratoire complexe de bâtiments industriels, structures de génie et vise à les intégrer au Plan en les reliant pour une civil, machines, instruments, outils et équipements divers première fois à des préoccupations de conservation du appartenant à une seule ou à plusieurs compagnies. patrimoine. Ces ensembles urbains d’intérêt ont été sélectionnés lorsqu’ils présentent les qualités suivantes:

– ensemble représentatif des nouvelles façons d’habiter qui sont apparues pendant la Seconde Guerre mondiale; – ensemble représentatif du boom démographique et du développement de la banlieue après la Seconde Guerre mondiale; – projets d’ensemble présentant une certaine homogénéité des caractéristiques architecturales.

8 Conformément au document de travail Citation et constitution de sites du patrimoine préparé par la Division du patrimoine et de la toponymie de la Ville de Montréal en novembre 2003.

ARRONDISSEMENT 13 de Pierrefonds-Senneville

1.3 Plusieurs de ces chemins se sont transformés en Les tracés fondateurs d’intérêt autoroutes et boulevards, d’autres ont conservé un patrimonial potentiel évocateur du Montréal rural ancien, et quelques-uns se sont fortement urbanisés. Sur l’île de Montréal, l’organisation du territoire remonte dans certains cas au XVIIe siècle. De cette Parmi ces tracés fondateurs, nous avons sélectionné organisation naissent les voies de circulation qui sont les tronçons qui présentent un intérêt patrimonial souvent les marques les plus anciennes du Montréal parce qu’ils relient toujours des bâtiments parmi les agricole qui prévalait avant l’urbanisation. En effet, plus anciens de Montréal ou qu’ils sont bordés de dès 1663, les sulpiciens deviennent seigneurs de l’île bâtiments d’intérêt patrimonial. Ces tracés servent de Montréal. Ils planifient alors le territoire pour l’ouvrir en quelque sorte de fil conducteur pour la com- à la colonisation. Pour cela, l’île est divisée en côtes – préhension du territoire. Ils permettent, entre autres, chacune, dénommée par les sulpiciens, désigne un d’expliquer la présence d’un paysage rural ou de ensemble de terres pouvant compter quelques bâtiments anciens d’intérêt patrimonial qui apparais- dizaines de concessions et représentant une unité de sent autrement un peu perdus dans la trame urbaine territoire. Les terres individuelles sont des bandes actuelle. En reliant différents éléments isolés, ces parallèles étroites et longues. Pour chaque côte est tronçons leur confèrent une importance accrue. prévu l’emplacement d’un chemin. Cela donne une idée du mode d’occupation du sol du système seigneurial mis en place sous le Régime français. 1.4 Le patrimoine archéologique Le système des côtes constitue la structure de base du peuplement de l’île sur laquelle s’appuiera tout 1.4.1 Le caractère spécifique de ce patrimoine développement postérieur. Le patrimoine archéologique est «... la partie de notre En raison de l’insularité de la seigneurie de Montréal patrimoine matériel pour laquelle les méthodes de et de la présence du mont Royal, ce système de côtes l’archéologie fournissent les connaissances de base. Le présente toutefois une organisation originale. En patrimoine archéologique englobe toutes les traces de effet, si dans la vallée du Saint-Laurent les côtes l’existence humaine et concerne les lieux où se sont intérieures sont parallèles au fleuve, ce n’est pas exercées les activités humaines, quelles qu’elles soient, nécessairement le cas à Montréal. C’est ainsi que, sur les structures et les vestiges abandonnés de toutes l’ensemble de l’île, le réseau routier qui dessert ces sortes, en surface, en sous-sol ou sous les eaux, ainsi côtes présente une configuration propre. Ce réseau que le matériel qui leur est associé. Le patrimoine primitif, clairement illustré sur la carte de Jobin de archéologique est une richesse culturelle fragile et non 1834, montre l’ensemble des tracés fondateurs qui renouvelable».9 serviront par la suite d’épine dorsale au développe- ment des quartiers. Grâce à cette carte, on comprend bien la structure du réseau des chemins à son apogée, à l’époque où l’île de Montréal était encore très fortement rurale.

9 Extrait de la Charte pour la protection et la gestion du patrimoine archéologique, ICAHM, ICOMOS International, 1990.

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La notion de patrimoine archéologique se rattache À L’ÉCHELLE DE L’ÎLE DE MONTRÉAL d’abord à un lieu physique, le site archéologique, qui correspond à tout espace dont le sous-sol recèle des L’archipel de Montréal comprend trois nappes d’eau vestiges d’occupation ancienne – ouvrages et cons- importantes, trois canaux d’écoulement, une vingtaine tructions de tous types, objets témoins et tout autre de rapides, trois cents îles (dont deux majeures, élément matériel issu de l’action humaine. Le caractère Montréal et Jésus) et plus de mille kilomètres de enfoui des sites archéologiques fait que, contrairement rives. Montréal est également le point de rencontre à d’autres catégories de biens patrimoniaux, ce de trois grandes voies fluviales – le Saint-Laurent qui patrimoine constitue une ressource dont il est difficile donne accès à l’Atlantique et aux Grands Lacs, le de dresser rapidement un inventaire exhaustif. De Richelieu d’où il est possible d’atteindre l’Hudson et nombreux sites, de natures diverses et de toutes l’État de New York, ainsi que l’Outaouais qui ouvre la époques, restent ainsi à découvrir sur le territoire de porte vers l’ouest et le nord. L’importance de l’île de l’île de Montréal. Toute tentative de cerner la réalité du Montréal pour les Amérindiens s’explique tout parti- patrimoine archéologique ne pourra donc constituer culièrement par cette localisation à la confluence et à qu’un exercice partiel de mise à jour des connaissances proximité de plusieurs cours d’eau. Ces axes hydro- acquises. Cette part d’inconnu explique l’extrême vul- graphiques sont les routes traditionnelles de commerce nérabilité de ce patrimoine et les difficultés particulières au cours de la préhistoire et au début de la période d’en assurer la protection face aux exigences modernes historique. De plus, l’île de Montréal, la plus grande du développement urbain. de l’archipel, comporte des terrasses de quinze, trente et cinquante mètres d’élévation ou même Un second aspect important a trait au patrimoine plus, en référence au mont Royal. Ces terres ont pu archéologique en tant qu’objet de connaissance. accueillir des populations humaines depuis 8 000 ans L’archéologie constitue une discipline dont une des avant aujourd’hui, si l’on se fie aux premières décou- missions est l’étude des sociétés passées par l’inter- vertes archéologiques effectuées dans la vallée du médiaire des vestiges matériels que ces sociétés ont Saint-Laurent. laissés derrière elles. Il s’agit, de plus, de la seule discipline qui traite dans le temps et l’espace de La plus ancienne manifestation humaine recensée sur l’évolution de l’ensemble des sociétés humaines. Sa l’île de Montréal date de la fin de la période archaïque, contribution est unique notamment en ce qui con- entre 5 000 et 4 000 ans avant aujourd’hui. Cette cerne la longue trajectoire suivie par l’humanité avant occupation par les Amérindiens, au cours des périodes l’apparition de l’écriture. L’archéologie s’intéresse à préhistorique et de contact, est un volet unique du toutes les sociétés, sans égard à leur origine ou à passé de l’île de Montréal. leur forme d’organisation, qu’elles soient, comme en Pour la période historique, la documentation et les Amérique, de souche autochtone, européenne ou autre. cartes anciennes fournissent des éléments interpré- tatifs valables, à partir des premières chroniques du XVIe siècle jusqu’à nos jours. Elles sont cependant souvent muettes sur les différents aspects des modes de vie de certaines époques et de certains groupes et individus, de même que sur l’emplacement exact et l’organisation spatiale de plusieurs lieux d’exploita- tion et d’habitation, comme les avant-postes de Ville- Marie. Elles se taisent parfois volontairement et, en

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d’autres occasions, ne font état que des préoccupa- En milieu urbain ou aménagé de longue date, la tions des classes dirigeantes, des autorités, de l’élite. démarche suivie consiste, au moyen de l’analyse L’archéologie pare à ces lacunes car elle étudie les des cartes anciennes, des documents d’archives, des traces concrètes laissées par les différents occupants. données environnementales et des données archéo- En milieu urbain, l’archéologie étudie en outre l’évo- logiques acquises, à caractériser la séquence d’occu- lution de la forme urbaine et des formes concrètes, pation et le processus d’aménagement du territoire. dans l’espace et dans le temps, pour idéalement Il s’agit de confronter les caractéristiques géographiques accéder aux fondements de la culture. aux caractéristiques culturelles des sociétés ayant habité ou pu habiter un territoire, et de comprendre Les recherches archéologiques menées à ce jour sur l’île dans quelle mesure les occupations successives ont de Montréal documentent une séquence d’occupation structuré le milieu d’origine et affecté les vestiges s’étirant sur plusieurs millénaires et associée à la d’occupations antérieures. Cette étape est celle de présence de groupes aux horizons culturels et temporels l’étude de potentiel archéologique. La seconde étape fort diversifiés: campement amérindien, halte, carrière consiste, en fonction des résultats de l’étude de préhistorique pour l’extraction de la pierre, lieu de potentiel archéologique, à procéder à une évaluation sépultures amérindiennes, noyau initial de Ville-Marie, sur le terrain afin de vérifier la localisation précise, lieux de fondation, forts et missions, bourgs anciens, la nature et le degré d’intégrité des ressources archéo- moulin seigneurial, lieux de culte, cimetières (catho- logiques en place. Il s’agit de l’inventaire archéolo- liques, protestants et juifs), complexes institutionnels, gique réalisé par des forages, sondages et tranchées anciens faubourgs, villas, marchés publics, dépotoirs, exploratoires. complexes agricoles, complexes industriels, ouvrages de génie civil, etc., et les formes du paysage ancien de Selon la nature des découvertes découlant de l’inven- l’île de Montréal: terrasses, collines, ruisseaux, rivières, taire archéologique, plusieurs avenues sont envisa- lacs, tourbières. geables selon la valeur scientifique, didactique et symbolique du site et du contexte. Dans le cas d’un site archéologique de grand intérêt, il pourra être 1.4.2 La démarche générale d’acquisition de nécessaire d’assurer en priorité sa conservation in connaissances et de conservation situ. Une réserve archéologique est souvent garante de la mise en valeur de ce patrimoine. La plupart des Le site archéologique constitue le fondement concret interventions archéologiques à Montréal surviennent de la démarche de conservation et de mise en valeur dans le cadre de projets d’aménagement du territoire. du patrimoine archéologique. La valeur intrinsèque du Les mesures de protection du patrimoine archéo- site archéologique, tout comme l’intérêt de procéder à logique peuvent alors entraîner la conservation inté- son investigation, doivent être évalués en fonction grale in situ de certains vestiges, la mise en valeur de critères relatifs à sa signification, et non pas in situ de vestiges, la relocalisation du projet d’amé- essentiellement relever de considérations touchant nagement, une modification du projet d’aménagement sa grande ancienneté ou le caractère plus ou moins ou encore une fouille archéologique préventive sur monumental des vestiges qu’il recèle. les sites d’intérêt de façon à assurer une récupération maximale d’informations.

16 Évaluation du patrimoine urbain Ville de Montréal

La majorité des sites archéologiques de l’île de LES SITES ARCHÉOLOGIQUES RECENSÉS Montréal se trouvent dans des espaces divers – sous- sol de bâtiment, terrain vacant, boulevard, rue, Au Québec, en vertu de la Loi sur les biens culturels, ruelle, square, place, parc, parc-nature – souvent tout site archéologique découvert est codifié selon menacés par des réaménagements, de nouvelles le code Borden et inscrit à l’Inventaire des sites constructions et une modernisation des services archéologiques du Québec. Le code Borden est un publics souterrains. L’intégration de ce patrimoine système d’enregistrement des sites archéologiques dans les programmes de régénération du tissu urbain utilisé à l’échelle du Canada. Il permet de localiser un de Montréal devient donc prioritaire. C’est pourquoi site archéologique d’après sa position géographique, la reconnaissance du patrimoine archéologique dans longitude et latitude (ex. : BjFj), et selon l’ordre suc- le Plan d’urbanisme de Montréal permettra de cessif des découvertes archéologiques (ex. : BjFj-1). prévenir l’interférence négative des usages actuels de Au Québec, c’est le ministère de la Culture et des la ville et assurera la protection et la mise en valeur Communications qui a la responsabilité de tenir de vestiges et de sites archéologiques d’un grand l’Inventaire des sites archéologiques de la province et intérêt pour l’histoire de Montréal. qui attribue les codes Borden. La Ville de Montréal a donc enrichi le Répertoire informatisé des sites archéologiques des données à 1.4.3 L’approche méthodologique et l’identifi- l’échelle de l’île de Montréal. Les 191 sites cation du patrimoine archéologique au archéologiques recensés en date de 2004 ont été Plan d’urbanisme caractérisés individuellement. Les critères utilisés pour cette évaluation sont : En lien avec la confection du Plan d’urbanisme, la Ville de Montréal a réalisé une étude des sites – l’état de conservation physique du site et de son archéologiques recensés en date de l’année 2003 environnement immédiat, en considérant que et des secteurs d’intérêt archéologique. Cette étude plusieurs sites archéologiques recensés ont été s’étend à la partie montréalaise de l’archipel de détruits lors de travaux d’excavation ou ont fait Montréal, qui comprend l’île de Montréal mais aussi l’objet de fouilles archéologiques ; l’île des Sœurs, l’île aux Hérons, l’île aux Chèvres, l’île – la qualité documentaire des couches et des vestiges Dorval et d’autres. Ce faisant, elle assure une vision archéologiques, leur représentativité, leur unicité, d’ensemble du territoire et met en perspective les leur ancienneté et, dans certains cas, leur capacité espaces urbanisés où le patrimoine archéologique d’évocation. nécessite des mesures de protection. Pour comprendre Deux catégories ont été distinguées : les sites archéo- la portée de la démarche, il est nécessaire de rappeler logiques intègres qui doivent être protégés et les sites que seule une infime quantité des sites archéo- archéologiques altérés qui ne nécessitent aucune mesure logiques sur l’île de Montréal sont connus. de protection. Tous ont été cartographiés, y compris Dans un premier temps, l’étude s’est attachée à les sites archéologiques altérés car ils sont révélateurs localiser précisément et à évaluer les sites archéolo- du potentiel archéologique d’un milieu donné. giques déjà recensés et inscrits à l’Inventaire des sites archéologiques du Québec, et dans un second temps, à qualifier, localiser et prioriser des secteurs d’intérêt archéologique.

ARRONDISSEMENT 17 de Pierrefonds-Senneville

LES BIENS CULTURELS À STATUT archéologiques. La qualité de préservation du milieu physique, la densité des témoins archéologiques en La notion de bien culturel intègre, d’une part, les sites sous-sol et(ou) hors sol et leur capacité de con- archéologiques et les biens archéologiques classés et, tribuer à la connaissance constituent des facteurs d’autre part, les sites historiques classés et les monu- qui rehaussent le niveau d’intérêt accordé à un ments historiques classés ou reconnus, l’arrondisse- endroit particulier. Le secteur d’intérêt archéologique ment historique du Vieux-Montréal, l’arrondissement « à fort potentiel » est un territoire où des mesures historique et naturel du mont Royal, l’arrondissement de protection des sites éventuels sont nécessaires. naturel de Saraguay, les monuments cités et les sites du patrimoine. Tous ces biens ont fait l’objet d’un Pour chacun des 27 arrondissements de l’île de examen à partir de la documentation disponible afin Montréal, l’identification des secteurs qui présentent de déterminer leur intérêt archéologique et, en con- un intérêt archéologique constitue une étape préalable séquence, la nécessité d’une protection du patrimoine à la protection des éventuels témoins archéolo- archéologique sur ces propriétés. Seuls les grands giques. Cet exercice, qui est d’ailleurs une première ensembles à statut sont cartographiés, les autres sur le territoire montréalais, est basé sur l’examen et biens culturels étant présentés par arrondissement. l’évaluation de multiples sources documentant les aspects environnementaux et culturels de ces terri- toires. Cette étape permet également d’identifier les LES SECTEURS D’INTÉRÊT ARCHÉOLOGIQUE milieux qui doivent dans l’avenir faire l’objet d’une ET LES SECTEURS D’INTÉRÊT ARCHÉOLOGIQUE étude de potentiel et d’un inventaire archéologique. À FORT POTENTIEL Les secteurs ont été ciblés en fonction :

Le secteur d’intérêt archéologique est un territoire – du cadre biophysique et des qualités d’accueil de susceptible de renfermer des sites et des vestiges populations d’un territoire, depuis plusieurs millé- des périodes préhistorique, de contact et historique naires; ce cadre a été documenté à partir d’études eu égard à ses caractéristiques géomorphologiques, géologiques et géomorphologiques ainsi que par biophysiques, archéologiques et historiques. l’examen de cartes topographiques et de photogra- Des études plus poussées doivent y être réalisées phies aériennes anciennes afin de déterminer la afin d’évaluer précisément la qualité de préservation proximité d’un axe de communication hydro- du milieu physique. La probabilité de découverte graphique ou terrestre, l’élévation des terrasses, les de témoins archéologiques demeure à ce jour difficile types de dépôts de surface, les concentrations de à estimer si l’on considère l’environnement et son ressources alimentaires de même que l’approvi- degré de perturbation moderne. Il est donc nécessaire sionnement en eau potable et autres éléments ; que les citoyens collaborent en communiquant toute – du contexte historique et de l’urbanisme moderne découverte de vestiges dans les secteurs d’intérêt pour déterminer leur capacité à fonder un lieu de archéologique. nature archéologique et à le préserver; ces contextes ont été documentés à partir de monographies Le secteur d’intérêt archéologique à fort potentiel historiques et par l’examen des cartes des XVIIe, est un territoire dont l’évaluation du contexte bio- XVIIIe, XIXe et XXe siècles et des photographies physique ainsi que des caractéristiques géomor- aériennes de 1947, 1948 et 1949, de même qu’à phologiques, archéologiques et historiques démontre partir d’études sur les parcs-nature de l’île de une forte possibilité qu’il recèle des vestiges Montréal, les propriétés institutionnelles, les biens

18 Évaluation du patrimoine urbain Ville de Montréal culturels à statut et les lieux historiques nationaux, afin de bien saisir toute la portée de l’urbanisme comme le canal de Lachine ; moderne sur les ressources archéologiques de l’île de – du contexte archéologique documenté à partir de Montréal. l’Inventaire des sites archéologiques du Québec Le résultat de cette réflexion qui comporte des limites, ainsi que dans les publications, les rapports inédits car il ne s’agit aucunement d’une étude de potentiel et les relevés de découvertes. Des copies de ces archéologique « fine » de l’île de Montréal, a été car- études sont maintenant disponibles au Centre de tographié et des textes ont été rédigés en lien avec documentation de la Direction du développement les catégories identifiées au Plan d’urbanisme : site urbain de la Ville de Montréal ; le répertoire de ces archéologique recensé intègre, site archéologique ouvrages peut être consulté sur le site Web de la recensé altéré, secteur d’intérêt archéologique à fort Ville de Montréal – Patrimoine archéologique. potentiel, secteur d’intérêt archéologique, grand L’analyse des caractéristiques des sites archéolo- ensemble à statut. giques connus permet de dégager des constantes qui influencent le choix des emplacements en fonction des cultures et des périodes, et d’élaborer des modèles 1.5 Nouvelles perspectives archéologiques prédictifs. C’est ainsi que l’on constate, sites archéologiques à l’appui, que les groupes En résumé, le travail de repérage du patrimoine urbain amérindiens de la période préhistorique et les premiers réalisé dans le cadre du Plan d’urbanisme nous permet colons français choisissent approximativement les d’atteindre plusieurs objectifs et d’ouvrir la réflexion sur mêmes lieux pour s’établir. Par la suite, la disposition le patrimoine dans une perspective d’avenir. Il permet des occupations rurales européennes se démarque entre autres: de celle des premiers noyaux villageois, au gré du développement des axes de transport terrestre. De – d’élargir la notion de patrimoine par rapport à ce qu’on plus, des activités spécialisées, tel un moulin à farine retrouvait dans le Plan d’urbanisme de Montréal de 1992 ou à scie mu par l’eau, une tannerie artisanale ou, et dans plusieurs des plans d’urbanisme des anciennes plus tardivement, un complexe industriel, supposent villes qui se sont jointes à Montréal; des caractéristiques d’implantation fort différentes. – de contribuer à accroître l’intérêt de certains arron- Ces facteurs ont été pris en considération afin de dissements pour les problématiques de conservation tenter de localiser les territoires qui ont eu la faveur du patrimoine et d’en sensibiliser d’autres à l’impor- des populations locales depuis le début de l’occupation tance de cet enjeu; de l’île de Montréal jusqu’à nos jours. – d’amorcer une exploration de nouvelles notions que l’on rattache depuis peu à la question patrimoniale Les secteurs les plus susceptibles d’abriter des vestiges dans les outils de gestion municipaux (patrimoine archéologiques ont ainsi été identifiés et ont fait l’objet moderne, ensembles urbains, éléments de paysage, d’une inspection visuelle pour estimer leurs carac- patrimoine archéologique, etc.); téristiques générales et observer, plus avant, le degré – de contribuer à l’identification d’enjeux locaux et de conservation d’éventuels vestiges. Certaines modi- métropolitains quant à la protection du patrimoine; fications modernes majeures, comme l’ajout de rem- – de développer une vision globale et partagée en vue blais en rive, ont été réévaluées par suite de l’inspection d’une planification et d’une action concertées en visuelle. Les résultats de l’ensemble de ces étapes matière de patrimoine, en positionnant mieux le patri- d’évaluation ont été cartographiés sur une représen- moine dans la dynamique du développement urbain. tation aérienne de l’île de Montréal, l’orthophoto 2002,

ARRONDISSEMENT 19 de Pierrefonds-Senneville

2. HISTORIQUE

L’arrondissement de Pierrefonds-Senneville est situé à En 1895, le village de Senneville est créé au moment l’extrême ouest de l’île de Montréal et donne sur où s’amorce le développement de la villégiature le lac des Deux-Montagnes et la rivière des Prairies. sur ce territoire, qui devient un lieu privilégié par la L’histoire de ces deux secteurs est fort différente. grande bourgeoisie montréalaise. Plusieurs des grands Celle de Senneville nous parle de traite des fourrures, hommes d’affaires et hommes politiques influents d’agriculture et surtout de villégiature alors que celle de l’époque s’y font construire sur de grands domaines de Pierrefonds touche d’abord et avant tout l’agri- de somptueuses et parfois spectaculaires résidences culture jusqu’à son développement en banlieue, qui d’été, accompagnées de dépendances de même commence après la Seconde Guerre mondiale. style. En symbiose avec la nature et le lac des Deux- Montagnes, ces résidences secondaires ne sont parfois Senneville qu’une parmi d’autres pour certains de ces riches e Au XVII siècle, deux bâtiments importants sont cons- villégiateurs. Ces ensembles sont l’œuvre d’architectes truits sur le fief de Senneville, propriété de la famille bien connus dans leur milieu social et qui travaillent LeBer. Celle-ci compte parmi les plus riches familles pour eux. C’est le cas des frères Maxwell. À proximité de marchands de fourrures de la Nouvelle-France. de ces grands domaines, un petit village de maisons D’abord, un moulin fortifié est érigé entre 1670 et plus modestes se forme. Là résident les employés 1701 (retouché par Maxwell vers 1898), puis un rattachés à l’entretien ou à la gérance des riches poste de traite défensif, connu sous le nom de fort demeures environnantes. Senneville, est construit entre 1702 et 1706. Ce fort sert à protéger le réseau de traite des LeBer des incursions iroquoises. Le goulot d’étranglement formé par la pointe ouest de l’île (là où se trouve le fort) et l’île aux Tourtes est la porte d’entrée de tous les canots chargés de fourrures qui se rendent à Montréal en provenance de la rivière des Outaouais. Du fort Senneville, brûlé par Benedict Arnold lors de l’invasion américaine en 1776, il ne restera que des ruines conservées jusqu’à aujourd’hui. Le moulin et le fort sont les plus anciennes constructions de l’ouest de l’île. Par ailleurs, le reste du territoire de l’actuelle Senneville sert exclusivement à l’agriculture jusqu’au e milieu du XIX siècle. Encore de nos jours, c’est l’un Vue du chemin de Senneville, sans date, http://www.bnquebec.ca, des rares endroits sur l’île de Montréal où certains Collection Cartes postales, CP 5316 secteurs sont toujours agricoles. La végétation abondante et les murets de pierre isolent les grandes propriétés de Senneville du chemin public.

ARRONDISSEMENT 21 de Pierrefonds-Senneville Senneville possède encore aujourd’hui un caractère Pierrefonds bucolique et pittoresque, bien que son territoire soit Pierrefonds contraste avec Senneville autant par le traversé par l’autoroute Transcanadienne. Si la pre- nombre de ses que par son développement mière activité économique de Senneville a été le typique de ville de banlieue de l’après-guerre. commerce des fourrures, aucun commerce n’est Pierrefonds longe la rivière des Prairies sur plus de maintenant toléré dans ce secteur uniquement rési- 20 kilomètres et la vieille route, l’actuel boulevard dentiel ou agricole de l’arrondissement. Les grands Gouin, suit la rive, où d’anciennes maisons de ferme domaines, des clubs de golf et une partie de subsistent toujours. Des carrières y sont en exploitation l’Arboretum Morgan permettent à Senneville de à partir de la fin du XIXe siècle; l’une d’entre elles conserver de grands espaces verts privés. De faible a fourni la pierre pour la construction des écluses densité, une population de moins de mille habitants de Carillon. Faisant partie à l’origine de la paroisse de occupe le territoire. Quoique Senneville compte Sainte-Geneviève, le secteur Pierrefonds est agricole surtout de grands terrains ou même des terres, un jusque dans les années 1960, alors que les terres sont développement de banlieue s’y construit au sud de la vendues pour le développement domiciliaire. C’est à Transcanadienne après la Seconde Guerre mondiale. ce moment-là que la nouvelle ville de Pierrefonds (1958) connaît une vague importante d’urbanisation, laquelle se poursuit jusque dans les années 1980. La population, d’à peine 1 500 personnes en 1951, s’élève à près de 55 000 en l’an 2000. Sur ce terri- toire bien desservi par les autoroutes, on trouve des maisons unifamiliales, des centres commerciaux à proximité, des églises de différentes dénominations religieuses, de nombreuses écoles, des parcs de quartier et des équipements sportifs qui comptent parmi les caractéristiques des banlieues de l’ouest de l’île. En 1985, la Communauté urbaine de Montréal inaugure le parc-nature du Cap Saint-Jacques – la population a désormais accès à cet immense espace vert où des voies cyclables, des pistes de ski de fond et des sentiers pédestres sont aménagés, ainsi qu’à des plages.

22 Évaluation du patrimoine urbain Ville de Montréal

PINSONEAULT, A.-R. Atlas of the and Ile Bizard, 1907, BNQ-M Cote : G 1144 M65G475 P5 1907 CAR Le territoire de l’ouest de l’île est encore agricole au début du XXe siècle, en particulier à Pierrefonds. D’autre part, le territoire de Senneville attire la riche bourgeoisie montréalaise.

ARRONDISSEMENT 23 de Pierrefonds-Senneville

3. ÉVALUATION DU PATRIMOINE URBAIN

Entre les pôles est et ouest du secteur Pierrefonds, le 3.1 Mise en situation boulevard Gouin est particulièrement hétérogène et son tissu urbain est très déstructuré : terrains Les deux anciennes municipalités formant l’actuel vacants, stationnements, modes d’implantation arrondissement de Pierrefonds-Senneville présentent divers, affichage et signalisation, discontinuité dans un patrimoine urbain fort différent. le bâti. Certains segments du boulevard recèlent toutefois des éléments d’intérêt patrimonial et un Pierrefonds potentiel de mise en valeur important. Les éléments d’intérêt patrimonial de l’ancienne municipalité de Pierrefonds se retrouvent surtout Le secteur Pierrefonds possède aussi un patrimoine le long du boulevard Gouin : à l’extrémité est de urbain plus récent. Sans procéder à un inventaire l’arrondissement, de grandes propriétés institution- systématique des ensembles urbains d’intérêt nelles en bordure de la rivière des Prairies; à l’ex- témoignant des débuts de l’urbanisation massive trémité ouest, un secteur rural longeant le lac des de la banlieue, trois secteurs domiciliaires ont été Deux-Montagnes et le Cap Saint-Jacques jouxtant retenus et seront décrits plus loin. l’ancienne municipalité de Senneville. Entre ces Mentionnons finalement que le patrimoine moderne deux pôles, des maisons villageoises et urbaines domestique, religieux et scolaire est bien représenté ponctuent le parcours du tracé fondateur qu’est le dans le secteur Pierrefonds. boulevard Gouin. Senneville L’observation du territoire révèle une densification La quasi-totalité du territoire de cette ancienne des lots bordant la rivière des Prairies (la récente municipalité qui se déploie le long du chemin de subdivision de la grande propriété du collège Senneville et à proximité du lac des Deux-Montagnes Beaubois en est un exemple). Mise à part la bande présente un intérêt patrimonial exceptionnel. riveraine accessible au public (boulevard Lalande), il n’y a presque plus de percées visuelles sur la rivière Cinq grandes phases de développement de Senneville dans la portion est du territoire, contrairement au sont toujours perceptibles sur le territoire : le pôle ouest. Toutefois, ce dernier subit actuellement développement seigneurial avec la subdivision des une grande pression du secteur immobilier, qui sus- terres et les vestiges du fort et du moulin de cite l’implantation de projets de développements Senneville (datant de 1692 et 1700) et l’architecture résidentiels unifamiliaux à haute densité. Cette vernaculaire respectant le lotissement du régime urbanisation rapide risque de s’amplifier avec le seigneurial (1820-1880); le développement rural projet de construction de la future autoroute 440. avec les terres agricoles et l’architecture vernaculaire L’on constate déjà, le long de la rivière, une très (1880-1935); le développement de villégiature, forte densification des lots qui, outre le fait que les incluant les grandes propriétés édifiées par la haute constructions ne respectent en rien le gabarit et les bourgeoisie montréalaise (1895-1925) le long du modes d’implantation caractéristiques de ce secteur chemin de Senneville et les habitations plus modestes d’intérêt patrimonial exceptionnel formé en grande de l’ancien village de Senneville (village Crevier); partie de maisons traditionnelles des XIXe et XXe siècles, le développement urbain de l’après-guerre (1945- éradique les éléments de paysage (boisés, terres 1955); la période moderne (1960-1995). agricoles) qui confèrent encore aujourd’hui à ce secteur son caractère rural, fait extrêmement rare sur l’Île.

ARRONDISSEMENT 25 de Pierrefonds-Senneville 1834, BNQ ’île de Montréal, te de L Car André Jobin,

Évaluation du patrimoine urbain Ville de Montréal

L’accession récente d’une large partie du secteur La conservation et la mise en valeur du patrimoine Senneville (en amont de l’autoroute Transcanadi- de l’arrondissement semblent relever de considéra- enne) au statut de Lieu historique d’importance tions applicables à la fois en milieu urbain et en nationale conféré par le gouvernement fédéral milieu rural. Au-delà des considérations usuelles en témoigne de son caractère unique sur l’Île de regard du patrimoine bâti, le maintien de la vocation Montréal et, plus largement, au pays. Le caractère des terres agricoles, la culture des vergers et la exceptionnel de ce secteur qui sera plus ample- préservation des boisés et des rives qui caractérisent ment décrit plus loin réside dans l’intégration du les secteurs exceptionnels de l’arrondissement ren- bâti et des paysages variés sur un large territoire. voient à plusieurs des enjeux du Plan d’urbanisme « L’environnement patrimonial » de ce secteur est un et nécessitent une harmonisation. écosystème fragile. Son intégrité et sa cohérence remarquables sont tributaires d’une approche de conservation soigneuse des détails des bâtiments, 3.2 Résultat de l’analyse des aménagements et des éléments de paysage.

Si le patrimoine de Senneville est généralement en 3.2.1 Les tracés fondateurs d’intérêt excellent état de conservation, il est toutefois sujet patrimonial à quelques menaces. Les actuels propriétaires des Dans le secteur de l’ancienne municipalité de grandes demeures bourgeoises ne disposent pas Pierrefonds, le boulevard Gouin (comme une partie nécessairement des moyens financiers pour en assurer du boulevard Lalande) est un tracé fondateur à l’in- l’entretien; on envisage dans certains cas de subdi- térêt patrimonial variable. Ce tracé fondateur parcourt viser les lots (surtout en rive), ce qui entraînerait l’arrondissement d’est en ouest à partir d’Ahuntsic- une densification de ce secteur très convoité; les Cartierville, longe le Bois-de-Liesse et les grandes bâtiments principaux subissent parfois d’importantes propriétés institutionnelles, se prolonge sur le boule- modifications; les bâtiments secondaires disparaissent; vard Lalande et son développement résidentiel des certains aménagements paysagers d’époque sont années 1950-1960 ainsi que la berge de la rivière des aussi grandement modifiés. Prairies pour enfin rejoindre le boulevard Gouin Ouest. Par ailleurs, l’extrémité est du chemin de Senneville Passé l’Anse-à-l’Orme, le boulevard Gouin devient présente les mêmes caractéristiques et est soumise le chemin de Senneville et suit la rive du lac des aux mêmes pressions que le boulevard Gouin à Deux-Montagnes tout en structurant le lotissement l’extrémité ouest de Pierrefonds. De plus, Senneville des terres. comprend un ensemble urbain domiciliaire d’intérêt L’intérêt du tracé fondateur tient principalement (secteur des vétérans). Le patrimoine architectural de à son importance historique, à son caractère pit- Senneville est presque exclusivement résidentiel. toresque et à la concentration de bâtiments d’intérêt L’ancienne municipalité ne comprend que très peu patrimonial le long de son parcours. L’intérêt excep- de bâtiments civiques et institutionnels. On y retrouve tionnel du tracé se confirme aux extrémités est et aussi un petit secteur industriel récent (Domtar et ouest de l’arrondissement. Entre ces deux pôles, les Bio-Research) en partie désaffecté dont l’intérêt caractéristiques patrimoniales du cadre urbain ont réside davantage dans sa localisation à proximité presque entièrement disparu : le bâti d’intérêt patri- de l’Arboretum Morgan et dans les attributs naturels monial surgit ponctuellement parmi des station- du site que dans son architecture.

ARRONDISSEMENT 27 de Pierrefonds-Senneville nements, des terrains vacants, des garages, des centres commerciaux et autres bâtiments récents. Le même constat s’impose en regard des éléments de paysage.

Dans l’ancienne municipalité de Senneville, le chemin du même nom est relié aux anciens chemins de ceinture de l’île. Il structure le développement du ter- ritoire de l’Anse-à-l’Orme à Sainte-Anne-de-Bellevue. Avec son parcours sinueux, ses montées et ses descentes, suivant la topographie des berges du lac des Deux-Montagnes et révélant une suite de paysages exceptionnels et une architecture de premier ordre, ce chemin est l’un des plus pittoresques de Montréal.

3.2.2 Le cadre bâti d’intérêt patrimonial

A. Les secteurs de valeur patrimoniale exceptionnelle 2.E.1 Villa Saint-Martin, au 9551-59, boulevard Gouin Ouest 2.E.1 INSTITUTIONNEL EN RIVE

Ce secteur débute à la limite est de l’arrondissement et se situe entre le boulevard Gouin et la rivière des Prairies. Il regroupe plusieurs grandes propriétés insti- tutionnelles: la Villa Saint-Martin, le Collège Beaubois, le Centre Virginie-Pelletier et leurs bâtiments sec- ondaires, ainsi que quelques résidences vernaculaires de la fin du XIXe siècle, début du XXe siècle, et des bâtiments plus récents plus ou moins bien intégrés à l’ensemble. Ce secteur est relativement homogène et recèle un bâti de grand intérêt au cœur d’une végé- tation exceptionnelle en bordure de la rivière. Toutefois, on assiste actuellement à un morcellement 2.E.1 Villa Saint-Martin, au 9551-59, boulevard Gouin Ouest des lots des grandes propriétés et à la densification rapide du territoire.

28 Évaluation du patrimoine urbain Ville de Montréal 2.E.2. BOIS-DE-LIESSE

Ce secteur, à l’entrée du parc du Bois-de-Liesse, près de l’accueil Pittfield, comprend deux anciennes maisons villageoises en excellent état de conservation au cœur d’un environnement naturel. Elles forment, dans leur contexte d’origine, une unité de paysage exceptionnelle.

2.E.3 La maison Jacques-Poudrier dit Lavigne, au 20752, boulevard Gouin Ouest

2.E.2 Le 9436, boulevard Gouin Ouest

2.E.3 GOUIN OUEST

La portion ouest de l’ancienne municipalité de Pierrefonds, de l’avenue du Château-Pierrefonds au chemin de Senneville, regroupe plusieurs maisons 2.E.3 La maison Toussaint-Legault dit Deslauriers, au 18395, boule- vard Gouin Ouest vernaculaires du début du XIXe siècle ainsi que des maisons villageoises du début du XXe siècle qui sont encore aujourd’hui dans un environnement semblable à leur contexte d’origine (boisés et terres agricoles). Ce secteur subit toutefois actuellement de grandes pressions immobilières et on y retrouve quelques insertions de développements domiciliaires contem- porains très denses qui ne respectent en rien les gabarits et les modes d’implantation existants. Cela entraîne également la perte d’éléments de paysage importants et a un impact considérable sur les vues sur le lac et ses berges.

2.E.3 La maison Augustin-Brisebois, au 18639, boulevard Gouin Ouest

ARRONDISSEMENT 29 de Pierrefonds-Senneville 2.E.4 GRANDES PROPRIÉTÉS DE SENNEVILLE boisés, étangs, vergers, murets de pierre, portails, maison de gardien – en retrait ou visibles du chemin De l’autoroute Transcanadienne à la limite de l’ancienne de Senneville. Les ruines du fort Senneville (1692) et municipalité de Senneville, entre le lac des Deux- l’ancien moulin rénové par Edward Maxwell vers 1898 Montagnes et l’Arboretum Morgan, on trouve une se trouvent dans ce territoire grande concentration de résidences du début du XIXe siècle qui, avec la végétation, les éléments de Bien que la plupart des édifices les plus imposants ont paysage et le tracé du chemin de Senneville en font été construits en fonction d’une utilisation saison- un secteur pittoresque de qualité exceptionnelle non nière, le secteur comprend aussi des résidences de seulement à Montréal, mais au Canada. l’après-guerre et des demeures contemporaines qui lui donnent un caractère suburbain mais qui pour- Ce secteur, qui a conservé son lotissement original, suivent la tradition d’intégration du bâti au paysage. présente une grande concentration de maisons rési- dentielles de la haute société montréalaise de la fin Le caractère du lieu est en grande partie attribuable du XIXe siècle et du début du XXe siècle ayant à l’exceptionnelle intégration des bâtiments aux appartenu à plusieurs personnages influents dans paysages très diversifiés, complexes et raffinés sur un l’histoire de Montréal. Les Forget, Angus, Morgan et vaste territoire, œuvre d’émulation entre des person- Abbot, pour ne mentionner que ceux-là, ont confié nages ayant joué un rôle de premier plan dans l’his- la conception de leurs résidences à des architectes et toire de Montréal et des concepteurs ayant apporté des architectes paysagistes de prestige (Maxwell, une contribution majeure au développement de Findlay, Hyde, Nobbs, Olmsted, Todd, Rose). Le bâti y l’architecture au Canada. est pour la plupart implanté du côté du lac et éloigné du chemin. Souvent de style Arts and Crafts ou Shingle Style, les résidences agencent des volumes nets et des toitures importantes de façon plus ou moins complexe avec leurs revêtements de pierre taillée ou de moellons, brique, bois, stuc et toitures en bardeaux de cèdre qui témoignent « … [of a] sophisticated nostalgia for a rustic way of life and for the rural craft industry » (Friedman, 2000).

Les grandes propriétés comportent généralement des bâtiments ancillaires (résidence du personnel, chapelle, bâtiments de ferme, pool house, écurie, garage, mai- 2.E.4 La maison Louis-Joseph-Forget, dite Le Bois-de-la-Roche son de thé, chambre froide, tour d’observation, etc.), Crédits photographiques : Communauté urbaine de Montréal généralement du même style, implantés dans des amé- nagements raffinés – sentiers sinueux, grands jardins,

30 Évaluation du patrimoine urbain Ville de Montréal 2.E.4 Un pavillon servant d’observatoire 2.E.4 Une vue sur le lac des Deux-Montagnes

2.E.4 Le moulin de Senneville 2.E.4 La maison John-Launcelot-Todd

2.E.4 Le domaine Boisbriand

ARRONDISSEMENT 31 de Pierrefonds-Senneville 2.E.6 VILLAGE CREVIER

Ce secteur se distingue par son architecture villa- geoise datant de la deuxième moitié du XIXe siècle. On y retrouve des bâtiments modestes sur deux étages, avec toit plat ou à deux versants couvrant un simple carré revêtu de bardeau, de clin de bois ou de brique, rappelant ceux du secteur Phillips. Les bâti- ments ont une implantation variable avec peu de recul de la ligne de rue et présentent une grande diversité dans la disposition des volumes. Il y règne aussi une atmosphère de village. 2.E.5 L’avenue Phillips

2.E.5. PHILLIPS 2.E.7 HABITATIONS RÉCENTES Ce petit secteur regroupe les maisons de l’avenue Ce secteur est situé de part et d’autre du chemin Phillips et celles à l’intersection du chemin de de Senneville, entre les ensembles urbains d’intérêt Senneville. Quelques bâtiments datent de la première (développement domiciliaire de l’après-guerre et moitié du XXe siècle et auraient été destinés au per- Senneville Lodge) et le lac des Deux-Montagnes. sonnel œuvrant au service des propriétaires des Le secteur constitue une unité de paysage grands domaines du village. Plusieurs maisons ont homogène. Il regroupe très majoritairement des été construites après 1950 et quelques-unes avant constructions récentes bien intégrées à leur envi- 1900. Elles s’érigent sur de petits lots bien paysagés ronnement et dont l’implantation s’ajuste au tracé avec peu de recul de la rue. Les bâtiments modestes du chemin de Senneville, sur un lotissement hérité ont généralement deux étages, avec un toit plat ou à du régime seigneurial. deux versants couvrant un simple carré recouvert de brique, de bardeau ou de clin de bois ou de vinyle. Plusieurs affichent des éléments décoratifs (bardeau, colonnes, porches, consoles, etc.) et sont peints de couleurs vives (bleu, jaune, mauve, vert, fuchsia, etc.). Il y règne une atmosphère de village.

32 Évaluation du patrimoine urbain Ville de Montréal

B. Les ensembles urbains d’intérêt

2.U.1 CLOVERDALE

Jouxtant le Bois-de-Liesse, Cloverdale est un vaste ensemble planifié de logements sociaux construits conjointement par une coopérative d’habitation et la Société canadienne d’hypothèques et de logement à la fin des années 1960. L’intérêt du secteur ne réside pas dans l’architecture de ses bâtiments, dont l’état est par ailleurs variable, mais plutôt dans le fait d’être 2.U.2 La rue du Belvédère l’unique exemple de construction de logement social de l’époque moderne dans l’arrondissement : com- position urbaine de grande envergure caractérisée par la relation qu’entretiennent les bâtiments entre eux, aménagements paysagers, planification des sta- tionnements et des espaces et services communs.

2.U.2 BELVÉDÈRE

Cet ensemble est situé dans le secteur Pierrefonds, à proximité du parc Belvédère, au bord de la rivière des Prairies. On y accède par Le Boulevard et la rue du Belvédère. Cette forme urbaine distincte, au dessin 2.U.2 Vue depuis le parc Belvédère complexe, avec ses parcours linéaires et ses rond- points, regroupe des habitations unifamiliales des années 1950-1960. On y trouve une grande variété de bungalows d’intérêt architectural (des petites séries et des exemplaires uniques) en excellente con- dition. La végétation mature, les grandes marges de recul avant bien paysagées des propriétés et l’absence de trottoirs contribuent à la grande homogénéité du secteur.

ARRONDISSEMENT 33 de Pierrefonds-Senneville 2.U.3 SENNEVILLE LODGE

À proximité du golf et de l’hôpital des vétérans de Sainte-Anne-de-Bellevue, construit en 1945, ce secteur voué à la convalescence des militaires regroupe plusieurs bâtiments de piètre qualité, aujourd’hui abandonnés et en mauvais état de conservation. Cet ensemble présente toutefois un intérêt en regard de sa planification et de son fonctionnement ainsi qu’un intérêt socio-historique.

2.U.4 Le 32, avenue Pacific 2.U.4 DÉVELOPPEMENT DOMICILIAIRE DE L’APRÈS-GUERRE

Ce grand secteur regroupe près de deux cents rési- dences et s’est développé à partir de la première moitié du XXe siècle. Sa grille de rues orthogonale contraste fortement avec le développement organique du terri- toire de Senneville. Il est d’une très grande homogé- néité en ce qui a trait à la remarquable intégration d’une architecture de qualité aux aménagements paysagers, à la largeur des rues sans trottoir et avec fossés, et à la végétation mature. Les maisons, bien proportionnées sur leurs lots, accusent un large recul de la ligne de rue. Les propriétés, dont les limites sont 2.U.4 Le 23, avenue Tunstall la plupart du temps soulignées par des murets, clôtures et végétaux, possèdent un aménagement paysager très soigné incorporant harmonieusement les garages, patios et autres constructions utilitaires. L’intérêt archi- tectural des maisons est variable, mais reprend très souvent des éléments de composition des grandes propriétés et de l’architecture rurale de l’ancienne municipalité de Senneville: murs de pierre, formes des toits, bâtiments ancillaires et aménagements paysagers. Une grande harmonie et un fort sentiment d’appar- tenance à la communauté se dégagent de l’ensemble.

34 Évaluation du patrimoine urbain Ville de Montréal C. Les immeubles de valeur 163, chemin de Senneville patrimoniale exceptionnelle Maison John-Bethune-Abbott-Hillcote

Tous les immeubles de valeur patrimoniale exception- 168, chemin de Senneville nelle, qu’ils fassent ou non partie d’un secteur de Site du fort Senneville (Fort et moulin le Ber), valeur patrimoniale défini dans le présent document, site archéologique classé et site historique classé sont inclus dans la liste qui suit : 170, chemin de Senneville Maison John C-Abbott

LES ÉDIFICES DE CULTE 178, chemin de Senneville Propriété Abbot et bâtiments ancillaires 9501, boulevard Gouin Ouest Église Sainte-Suzanne 180, chemin de Senneville Maison John-Launcelot-Todd 11075, boulevard Gouin Ouest Église Marie-Reine-de-la-Paix 202, chemin de Senneville Maison Charles-Meredith-Elspeth-Angus, 4320, rue Sainte-Anne Bally Bawn Église Saint-Thomas-à-Becket 214, chemin de Senneville 15556, rue Cabot Église St. Michael and all Angels 216-219, chemin de Senneville Dépendances de la maison R.-B.-Angus, LES COUVENTS Pine Bluff

9451, boulevard Gouin Ouest 238, chemin de Senneville Villa Saint-Martin Maison Edith-Angus-Wanklyh

LES ÉDIFICES SCOLAIRES 240, chemin de Senneville Maison Harry-Abbot 9509, boulevard Gouin Ouest Collège Beaubois 246, chemin de Senneville

LES HABITATIONS 249, chemin de Senneville Tour d’eau James-Morgan 26, chemin de Senneville Château rose 252, chemin de Senneville

28, chemin de Senneville 264, chemin de Senneville Maison Frederick-Cleveland-Morgan 31, chemin de Senneville Maison William-George-MacVicar-Stuart 267, chemin de Senneville

108, chemin de Senneville 290, chemin de Senneville Maison Crevier Maison Louis-Joseph-Forget ou Bois-de-la-Roche 140, chemin de Senneville Maison Dow

ARRONDISSEMENT 35 de Pierrefonds-Senneville

292, chemin de Senneville D. Les immeubles de valeur patrimoniale intéressante 294, chemin de Senneville Maison Eustache-Rouleau Seuls les immeubles de valeur patrimoniale intéressante situés à l’extérieur des secteurs de valeur patrimoniale 296, chemin de Senneville définis dans le présent document sont inclus dans la Maison Lalonde liste qui suit: 297, chemin de Senneville

330, chemin de Senneville LES ÉDIFICES DE CULTE Maison Guy-Boyer ou Blanche-Forget 16, avenue Pacific 9432, boulevard Gouin Ouest Église Corpus Christi 9434, boulevard Gouin Ouest 12301, rue Colin 9436, boulevard Gouin Ouest Église Saint -Barnabas

12679, boulevard Gouin Ouest 12450, rue Gascon Maison Charles-Richer dit Louveteau Église Saint –David

13850, boulevard Gouin Ouest 13140, rue Monk Maison Edgar-C.- Budge Église Westminster Presbyterian

14784, boulevard Gouin Ouest LES ÉDIFICES SCOLAIRES Maison Joseph-Théorêt 4770, rue Pierre-Lauzon 18395, boulevard Gouin Ouest École Harfang-des-Neiges, pavillon Lauzon Maison Toussaint-Legault dit Deslauriers 5005, rue Valois 18639, boulevard Gouin Ouest École Murielle-Dumont Maison Augustin-Brisebois 4770, boulevard Lalande 19530, boulevard Gouin Ouest École Perce-neige Le Petit fort 5060, boulevard des Sources 20752, boulevard Gouin Ouest Riverdale High School Maison Jacques-Poudrier dit Lavigne 14385, boulevard de Pierrefonds 11131, boulevard Meighen École Saint-Gérard

5010, boulevard Lalande 4348, rue Thorndale Maison Michel-Legault École Thorndale

3872, boulevard Saint-Charles 13350, rue Purcell Maison Rabeau École Hébert-Purcell

36 Évaluation du patrimoine urbain Ville de Montréal

LES HABITATIONS 20392, boulevard Gouin Ouest

2, avenue Elmwood 20452, boulevard Gouin Ouest

15, avenue Elmwood 20610, boulevard Gouin Ouest

8, avenue Laberge 4861, boulevard Lalande

32, avenue Pacific 4980, boulevard Lalande

250, rue Sainte-Anne 4971, rue Bastien

254, rue Sainte-Anne

258-262, rue Sainte-Anne E. Les éléments particuliers du paysage 9460, boulevard Gouin Ouest Les éléments particuliers de paysage font partie inté- 11769, boulevard Gouin Ouest grante des caractéristiques des secteurs et des tracés 11770, boulevard Gouin Ouest fondateurs d’intérêt patrimonial précédemment décrits. Ce sont des témoins marquants des grandes époques 11893, boulevard Gouin Ouest de développement de l’arrondissement (époque seigneuriale à vocation rurale et agricole, de villégia- 11897, boulevard Gouin Ouest ture, villageoise, urbaine). 12150, boulevard Gouin Ouest Soulignons aussi l’importance du golf du secteur de 12449, boulevard Gouin Ouest Senneville : 43,4 acres de terre encadrés par une végétation mature. Bien qu’il ne soit pas localisé dans 12661, boulevard Gouin Ouest les limites géographiques de l’arrondissement, l’Arboretum Morgan est un élément de paysage 12662, boulevard Gouin Ouest extrêmement important pour l’ancien village de 12773, boulevard Gouin Ouest Senneville. Ce boisé exceptionnel qui isole Senneville du et jouxte les terres agricoles du collège 12910, boulevard Gouin Ouest MacDonald est un sanctuaire d’oiseaux migrateurs désigné par Environnement Canada. L’arboretum est 12940, boulevard Gouin Ouest en lien avec l’historique de l’arrondissement : gra- 13418, boulevard Gouin Ouest duellement acquis et aménagé par la famille Morgan, il est confié à l’Université McGill en 1945 en vertu 13533, boulevard Gouin Ouest d’une entente particulière. La préservation de l’ar- 14399, boulevard Gouin Ouest boretum constitue un enjeu inter-arrondissements.

18191-18195, boulevard Gouin Ouest

18198, boulevard Gouin Ouest

19803, boulevard Gouin Ouest

ARRONDISSEMENT 37 de Pierrefonds-Senneville

10 décembre 2004 0

2.E.6 2.E.6 2.E.6 2.E.6 2.E.6 2.E.6 2.E.6 2.E.6 2.E.6 2.E.7 2.E.7 2.E.7 2.E.7 2.E.7 2.E.7 2.E.7 2.E.7 2.E.7 500 1000 che 2.U.4 2.U.4 2.U.4

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2.E.1 boulevard Des Sources

Limite d'arrondissement (voir étuded'évaluation dupatrimoineurbain) Code dusecteur Tracé fondateurd'intérêtpatrimonial Ensemble industrield'intérêt Ensemble urbaind'intérêt Secteur devaleurpatrimonialeintéressante Secteur devaleurpatrimonialeexceptionnelle Arrondissement historiqueounaturel

7.U.5 7.U.5 7.U.5 7.U.5 7.U.5 7.U.5 7.U.5 7.U.5 7.U.5

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autoroute 13

3.2.3 Le patrimoine archéologique peu d’incidence sur la localisation du cadre bâti ancien, car elles longent l’axe longitudinal des terres; Le territoire de l’arrondissement de Pierrefonds- la bordure de la côte Saint-Charles est quant à elle Senneville, où se trouvent des terrasses de 15, 30 utilisée pour l’implantation de résidences et de et 50 mètres d’élévation, a pu être habité par les dépendances rurales. groupes amérindiens de la période préhistorique, soit depuis environ 4 000 ans avant aujourd’hui – d’abord par les groupes nomades de la période archaïque, qui utilisent les terrasses et les berges pour établir des campements de chasse et de pêche, puis par des groupes semi-sédentaires de la période sylvicole, de 3 000 ans avant aujourd’hui à 1534, des pêcheurs- chasseurs-cueilleurs-horticulteurs vivant dans la vallée du Saint-Laurent. Ce sont ces groupes que Jacques Cartier rencontre lors de son second voyage au Canada, en 1535. Cartier note d’ailleurs dans ses écrits la présence de campements amérindiens sur le pourtour de l’île de Montréal. L’importance de ce lieu pour les Amérindiens réside dans sa localisation à la confluence de plusieurs cours d’eau qui constituent les routes traditionnelles de transport.

Le facteur des transports et son corollaire, le com- merce, n’échappent pas aux Français et aux Amérin- Les collections archéologiques ont une valeur patrimoniale indéniable diens au cours des XVIIe et XVIIIe siècles; ils voient et représentent une richesse collective qui mérite toute notre attention. Ces objets illustrent avec éloquence notre histoire matérielle et jouissent dans ces routes traditionnelles une façon de se sous- d’un pouvoir fortement évocateur qui rappelle les modes de vie de nos traire au contrôle des autorités françaises sur la traite prédécesseurs. Jarre en terre cuite grossière d’Angleterre, 1760-1840; objet amérindien, pointe de projectile, 2 500 ans avant Jésus-Christ; des fourrures. À la même période, les sulpiciens, cannelle de tonneau en laiton, XVIIIe siècle. Photographies : P. Fauteux. seigneurs de Montréal depuis 1663, encouragent l’essaimage de noyaux de colonisation sur le pourtour de l’île : Lachine, Dorval, Baie d’Urfé, Pointe-Claire et Sainte-Anne-de-Bellevue sont des exemples concrets de leur politique d’expansion territoriale. La création de ces avant-postes, dont l’une des fonctions est la protection de Ville-Marie, se fait toutefois au prix de pertes humaines lorsque intervient une recrudescence des raids dans les années 1680-1700. Un traité de paix est signé en 1701.

L’accroissement des activités agricoles et l’ouverture des chemins qui permettent d’occuper non seulement les berges mais aussi l’intérieur des terres carac- La recherche archéologique a recours à un ensemble de méthodes et térisent les XVIIIe et XIXe siècles. Des côtes – Saint- techniques permettant d’identifier la présence de vestiges enfouis, de les décrire, de les prélever et de les analyser en fonction de leur apport Charles, Saint-Jean et des Sources – sont aménagées à une meilleure compréhension de nos sociétés passées. En cas de pour faciliter les communications dans l’axe nord- découverte fortuite de vestiges ou d’objets, il est nécessaire d’en informer les instances gouvernementales afin que le lieu de la découverte sud. Les côtes Saint-Jean et des Sources n’ont que soit évalué.

ARRONDISSEMENT 41 de Pierrefonds-Senneville A. Les secteurs d’intérêt Jacques LeBer, après en avoir obtenu la permission des archéologique à fort potentiel sulpiciens, fait ériger sur ses terres un moulin fortifié de bois (1686). La présence du moulin constitue un atout en faveur de la colonisation de l’endroit par des censi- taires, puisque les Iroquois multiplient les attaques 2.AP.1 ET 2.A.1 ZONE CÔTIÈRE contre les avant-postes français de l’ouest de l’île. Le La bordure de l’île de Montréal comprend les rives mais premier moulin est d’ailleurs brûlé lors d’un raid en également le tracé du chemin sur son pourtour et les 1691. Le moulin de Senneville est rebâti en pierre en terres qui le bordent. Ces emplacements peuvent avoir vertu d’un marché de construction passé par LeBer en été utilisés au cours des périodes préhistorique et his- 1700. Trois ans plus tard, LeBer fait construire un fort torique selon divers choix d’établissement, en fonction de pierre composé d’une maison, de quatre bastions de l’époque et des populations concernées. d’angle et d’une enceinte entourant la cour. Il s’agit du fort Senneville, aujourd’hui site archéologique BiFl-002. Berge et îles On retrouve à l’extérieur du fort, outre le moulin à Les avancées de terres, les baies et les îles correspon- farine, une grange et une étable de bois. Le fort est dent à des environnements particuliers propices à érigé sur la terrasse riveraine de l’actuelle pointe Abbott, l’exploitation des ressources par des activités de chasse ce qui correspond au 168, chemin de Senneville, tan- et de pêche. Quand ces formations se trouvent de plus dis que le moulin se trouve sur un promontoire situé situées au point de confluence de plusieurs axes de un peu à l’est du fort, au 176, chemin de Senneville. communication hydrographique, les probabilités d’y retrouver des vestiges de campements amérindiens Mis à part le fort et le moulin, le territoire de Senneville préhistoriques ou d’occupations européennes des XVIIe a abrité de nombreuses occupations rurales à partir du et XVIIIe siècles croissent de façon importante. Ce fait XVIIe siècle et jusqu’au XXe siècle, sans toutefois donner est d’ailleurs démontré par le nombre de sites naissance à un noyau villageois, les résidants utilisant archéologiques répertoriés dans les arrondissements plutôt l’église et les commerces de Sainte-Anne-de- voisins. Ce sont les berges et les îles qui sont ciblées; les Bellevue. La plupart des terres sont bordées en façade modifications effectuées au cours du XXe siècle, parti- par le cours d’eau, mais les résidences rurales et les culièrement l’ajout de remblais, ont souvent eu pour dépendances se trouvent fréquemment en bordure du conséquence de favoriser la protection des vestiges chemin de Senneville. Au cours de la seconde moitié du archéologiques. XIXe siècle, le chemin de fer est prolongé jusque dans l’ouest de l’île, ce qui amène la bourgeoisie anglo- Fief et fort Senneville phone montréalaise à construire des villas en milieu Le fief de Senneville est concédé en 1672 à Michel- agricole. Certains optent toutefois pour l’acquisition Sidrac Dugué, sieur de Boisbriand. Il y établit un petit de fermes tout en laissant l’exploitation des terres à nombre de colons, mais ses intérêts sont principale- des agriculteurs. ment orientés vers les activités de traite. Le fief est vendu à Jacques LeBer en 1679, sans mention de bâti- ments. Jacques LeBer est alors associé à Charles LeMoyne, qui lui cède sa part du fief en 1683. LeBer devient ainsi le seul à avoir des droits sur ces terres. À cette date, il semble qu’un magasin de bois soit présent sur le fief, aux fins d’activités commerciales avec les Amérindiens; sa localisation demeure indéterminée.

42 Évaluation du patrimoine urbain Ville de Montréal Senneville a pour qualité d’avoir conservé de grandes Chemin de Senneville propriétés dont seule une petite partie est occupée par Ce chemin constitue un segment du premier axe de un cadre bâti. De plus, la densité du bâti demeure communication terrestre aménagé dans l’ouest de l’île; faible, notamment entre le chemin de l’Anse-à-l’Orme son tracé recoupe l’ensemble des terres de la côte et l’autoroute 40. Cet état de fait a favorisé la protec- Sainte-Anne nord qui ont front sur le fleuve. Au moins tion in situ de nombreux sites archéologiques potentiels trois maisons à caractère patrimonial sont recensées en remontant aux périodes préhistorique et historique, bordure du chemin, une situation qui démontre que tant à proximité des berges que sur les terrasses. des vestiges associés à des occupations agricoles anciennes peuvent se trouver à l’intérieur ou en bor- dure de l’emprise du chemin de Senneville.

Boulevard Gouin L’utilisation agricole du territoire de Pierrefonds remonte au XVIIIe siècle, alors qu’il fait partie intégrante de la côte Sainte-Geneviève, laquelle comprend égale- ment le village de Sainte-Geneviève et, en partie, Roxboro. Il n’y a pas d’ancien noyau villageois, le bourg étant à Sainte-Geneviève. Les terres ont front sur la rivière des Prairies et sont traversées par le boulevard Gouin, où sont construites les maisons et les dépen- dances, comme l’illustrent les maisons anciennes tou- jours en place. On y retrouve la maison Charles-Richer dit Louveteau (1830), au 12679, boulevard Gouin Ouest, la maison Joseph-Théorêt au 14784, boulevard Gouin Ouest, la maison Jacques-Poudrier dit Lavigne (1834), au 20752, boulevard Gouin Ouest. Une autre résidence, dite le Petit fort, construite vers 1750, aurait été dotée de meurtrières; elle est située à l’est du Cap Saint-Jacques, au 19530, boulevard Gouin Ouest.

L’élargissement du boulevard Gouin, combiné à l’amé- nagement de rues parallèles et transversales, implique 2.AP.1 Ce site rural de même que ce muret de pierre sèche sont des que des vestiges des occupations rurales peuvent être témoins éloquents des occupations agricoles anciennes. présents en bordure ou au sein de leurs emprises. En outre, les terrains qui se poursuivent jusqu’à la berge recoupent des aires anciennement occupées par les Amérindiens à la période préhistorique et par les Européens au XVIIe siècle.

ARRONDISSEMENT 43 de Pierrefonds-Senneville 2.AP.2 PARC-NATURE DU BOIS-DE-LIESSE B. Les secteurs d’intérêt archéologique

Le ruisseau Bertrand présente la caractéristique d’avoir favorisé l’apparition de milieux humides aujourd’hui protégés à l’intérieur du parc-nature du Bois-de-Liesse, 2.A.1 ZONE CÔTIÈRE dont une partie se trouve également sur le territoire Voir texte 2.AP.1 d’Ahuntsic-Cartierville, de Saint-Laurent et de Dollard- Des Ormeaux–Roxboro. Ces milieux humides sont propices aux activités de chasse et de pêche par les groupes amérindiens de la période préhistorique, soit 2.A.2 ARBORETUM MORGAN environ 4 000 ans avant aujourd’hui. Ce territoire tra- L’Arboretum Morgan est une réserve boisée accessible versé par le boulevard Gouin se prolonge jusqu’au bord au public, administrée par l’Université McGill. Deux de l’eau et peut également abriter des vestiges de la terrasses d’une élévation de 50 mètres au-dessus du période historique. Le territoire de ce parc-nature recèle niveau de la mer sont localisées au nord de l’au- un potentiel archéologique. toroute 40. Compte tenu de la qualité de drainage du dépôt de surface, l’emplacement a pu être utilisé par des groupes amérindiens au cours de la préhistoire pour des camps de transit ou d’observation. L’élévation du lieu lui confère un potentiel archéologique amérindien préhistorique ancien puisque ces terres ont rapidement émergé des eaux après l’épisode d’invasion marine de la mer de Champlain.

44 Évaluation du patrimoine urbain Ville de Montréal C. Les sites archéologiques Le fort est érigé sur la terrasse riveraine de la pointe Abbott, tandis que le moulin est localisé sur un promontoire, un peu à l’est du fort. Les vestiges du fort et du moulin sont toujours conservés in BIFL-002, FORT SENNEVILLE situ. L’étude récente des témoins recueillis lors de Mesure de protection : site archéologique la fouille archéologique du fort par le Royal Ontario à protéger Museum, en 1969 (Duguay et Pothier, s.d., et Statut légal : site archéologique classé Lachance 1993), démontre la richesse de la collec- et site historique classé tion d’objets de la période historique et également la Thème : occupation amérindienne, présence d’objets d’origine amérindienne (Webster avant-poste, fort 1971). Une étude patrimoniale du fort et du moulin Le fief de Senneville est vendu en 1679 à Jacques (Archéocène 1995) de même qu’une étude de LeBer, riche marchand associé à Charles LeMoyne. potentiel archéologique à l’échelle de deux pro- À cette date, il est déjà propriétaire de résidences à priétés où sont aujourd’hui conservés les vestiges Montréal et à Québec, de deux magasins (dont un (Ethnoscop 2002) ont été réalisées. à Lachine) et d’une ferme fortifiée sur l’île Saint- Paul, aujourd’hui l’île des Sœurs. LeMoyne cède sa part du fief de Senneville à LeBer en 1683. En 1686, Jacques LeBer obtient la permission des sulpiciens de faire ériger un moulin fortifié de bois sur ses terres. Ce premier moulin est brûlé lors d’un raid iroquois en 1691 et reconstruit en pierre en 1700. LeBer fait également construire, à partir de 1703, un fort en pierre composé d’une maison, de quatre bastions d’angle et d’une enceinte entourant la cour. À l’extérieur du fort sont bâtis un moulin à farine, une grange et une étable de bois.

BiFl-002 Le site archéologique du fort de Senneville en cours de relevé et de mise en protection, 2004. Photographies : ministère de la Culture et des Communications du Québec.

BiFl-002 Ce relevé illustre les vestiges du fort de Senneville dégagés en 1971, lors de fouilles archéologiques. Extrait de D. B. Webster, 1971.

ARRONDISSEMENT 45 de Pierrefonds-Senneville D. Les biens culturels à statut

La notion de bien culturel intègre les sites et les biens archéologiques classés, les sites historiques classés et les monuments historiques classés ou reconnus, les arrondissements historiques et naturels, les monuments cités et les sites du patrimoine. Ces biens ont fait l’objet d’un examen à partir de la docu- mentation disponible afin d’en déterminer l’intérêt archéologique. La liste suivante indique les biens à statut où il est nécessaire d’évaluer plus avant le potentiel archéologique et d’assurer la protection du patrimoine archéologique.

– Site du fort Senneville, 168, chemin de Senneville, BiFl-002, site archéologique classé et site historique classé

BiFl-002 Un des vestiges du fort de Senneville, 1971. Photographie : Royal Ontario Museum.

46 Évaluation du patrimoine urbain Ville de Montréal 2.A.12.A.12.A.1

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b Le patrimoine archéologique

Arrondissement de Pierrefonds-Senneville

Grand ensemble à statut (arrondissement historique et naturel, site du patrimoine) Site archéologique recensé (intègre) Site archéologique recensé (altéré) Secteur d'intérêt archéologique à fort potentiel Secteur d'intérêt archéologique Code du secteur 2.AP.1 (voir étude d'évaluation du patrimoine urbain) BiFj-1 Code de site archéologique Limite d'arrondissement

Division du patrimoine et 0 500 1000 m de la toponymie

11 mai 2004

4. RECOMMANDATIONS

et maintenir le bon état et l’intégrité des bâtiments 4.1 Générales à l’échelle de l’arrondissement par l’entretien.

Les variables suivantes devraient être considérées Nous recommandons: dans l’élaboration des PIIA et des règles:

– dans les secteurs d’intérêt patrimonial excep- • Parcellaire: mode de division, dimensions et pro- tionnel, de protéger les caractéristiques architecturales portions des parcelles, mode d’implantation du et paysagères, de veiller à l’intégration des nouveaux bâti, aménagement du terrain. bâtiments à leur environnement et de s’assurer que • Bâti: volumétrie (gabarit, nombre d’étages, forme les modifications aux bâtiments existants se fassent de la toiture), traitement des façades (saillies, com- en tenant compte du contexte. La réglementation position des façades, rythme, forme et dimen- devra prévoir que les interventions dans ces secteurs sions des ouvertures, modèles de portes et de soient encadrées par des critères – plans d’implan- fenêtres, revêtements, ornementation, couleurs, tation et d’intégration architecturale (PIIA) – mais matériaux et textures, etc.). aussi par des règles si la situation le justifie. – d’instaurer des mesures de zonage spécifiques – pour les bâtiments d’intérêt patrimonial excep- pour des ensembles significatifs tels que les tionnel et intéressant, de protéger leurs caractéris- noyaux paroissiaux (parc, école, église, pres- tiques architecturales en s’assurant que les modifi- bytère, etc.) afin de préserver l’essence de leur cations aux bâtiments énumérés dans les listes soient valeur patrimoniale. encadrées, dans la réglementation, par des critères (PIIA) mais aussi par des règles si la situation le justifie. – d’étudier les territoires identifiés comme ensembles urbains d’intérêt, de recenser les typologies des – dans les secteurs d’intérêt patrimonial intéressant, ensembles qui présentent une grande homogénéité de protéger les caractéristiques architecturales et et de développer des outils visant à sensibiliser la paysagères, de veiller à l’intégration des nouveaux population à l’égard de l’intérêt patrimonial de ces bâtiments à leur environnement et de s’assurer que ensembles. les modifications aux bâtiments existants se fassent en tenant compte du contexte. La réglementation – d’établir un contrôle sur les démolitions dans les devra prévoir que les interventions dans ces secteurs secteurs d’intérêt patrimonial et pour les bâtiments soient encadrées par des règles. patrimoniaux en évaluant l’intérêt patrimonial des bâtiments concernés afin d’éviter des pertes – que l’élaboration des PIIA et l’élaboration de irréversibles. règles dans les règlements de zonage favorisent une architecture de qualité et consolident le cadre – d’éviter le fractionnement des grandes propriétés bâti en harmonie avec le caractère de chaque lieu, en et d’assurer la protection et la mise en valeur des contrôlant notamment l’apparence des nouvelles propriétés institutionnelles. constructions afin qu’elles s’intègrent à leur milieu environnant, ainsi qu’en contrôlant l’apparence des – d’appliquer les mesures nécessaires à un examen modifications à un bâtiment pour qu’elles s’harmo- du potentiel archéologique et, le cas échéant, à la nisent avec son expression architecturale spécifique. protection des vestiges découverts, préalablement aux travaux d’excavation publics et privés dans les Les principes qui devraient guider l’élaboration grands ensembles à statut et les biens culturels des PIIA et des règles sont les suivants : conserver à statut, les sites archéologiques recensés et les l’identité des secteurs, connaître avant d’intervenir secteurs d’intérêt archéologique à fort potentiel.

ARRONDISSEMENT 49 de Pierrefonds-Senneville

– de favoriser la prise en compte des vestiges présentant une grande valeur archéologique 4.2 Générales à l’échelle montréalaise dans la conception et la réalisation des projets de construction ou d’aménagement urbain, notamment Nous recommandons: par l’adaptation des travaux ou l’intégration des vestiges. – de développer des outils de protection et de mise en valeur, incluant la citation en vertu de la Loi – d’assurer la protection et la mise en valeur des sur les biens culturels du Québec, pour les aménagements urbains, des parcs et des espaces immeubles qui possèdent une valeur patrimoniale publics. élevée à l’échelle montréalaise, comme certaines – de préserver et de protéger le couvert végétal, maisons rurales et villas, institutions (ex. : écoles, qui contribue beaucoup au caractère de plusieurs églises), services municipaux (ex. : bains, casernes, secteurs patrimoniaux répertoriés, de favoriser les complexes civiques), etc. plantations et de protéger de façon générale le – de développer des outils de protection et de mise patrimoine naturel, ainsi que de préserver et mettre en valeur, incluant la création de sites du patri- en valeur le caractère champêtre des secteurs où moine en vertu de la Loi sur les biens culturels l’on retrouve encore des paysages agricoles. du Québec, pour les sites qui possèdent une – de protéger les perspectives d’intérêt patrimonial valeur patrimoniale élevée à l’échelle montréalaise, telles que les vues sur le centre-ville, le mont Royal, notamment certains noyaux villageois, ensembles les plans d’eau, les places publiques, les monuments institutionnels, grands domaines, grands gestes commémoratifs, certains bâtiments ou clochers, etc. urbains et architecturaux, etc.

– de préserver la spécificité de la trame urbaine – à partir des critères de sélection établis pour l’évalua- montréalaise, qui découle des tracés fondateurs et tion des bâtiments et des secteurs susceptibles des caractéristiques naturelles, et de préserver d’avoir un intérêt pan-montréalais, de développer un la grille orthogonale (incluant les ruelles des plan d’attribution de statuts patrimoniaux en vertu arrondissements du centre) ainsi que les plans de la Loi sur les biens culturels du Québec, de d’ensemble et grilles particulières de certains fixer des critères d’évaluation pour les interventions arrondissements; de contrôler les subdivisions sur les bâtiments et territoires protégés par le volet cadastrales afin de préserver le rythme des rues et municipal de cette même loi, d’élaborer des outils de sauvegarder l’échelle du bâti. de protection et de dresser un plan directeur pour la mise en valeur de chacun des sites du patrimoine. – de développer des outils de promotion et de mise en valeur des tracés fondateurs à fort potentiel, – d’élaborer pour le public, les employés municipaux aux fins de la protection de leur caractère. et les élus des activités et des outils de sensibili- – de développer un plan stratégique pour les artères sation à l’égard du patrimoine. commerciales principales (vitalité, affichage, rénovation, éclairage, mobilier urbain, etc.) qui tienne compte de la dimension patrimoniale des lieux et de concilier les opérations de travaux publics avec les préoccupations patrimoniales.

50 Évaluation du patrimoine urbain Ville de Montréal – de réaliser des études plus poussées permettant 4.3 d’accroître la connaissance du patrimoine bâti, his- Spécifiques à l’arrondissement torique et archéologique afin d’évaluer la valeur patrimoniale rattachée à différentes problématiques, Nous recommandons: notamment : Secteur Pierrefonds • étudier les territoires identifiés comme secteurs – d’élaborer une stratégie de revitalisation urbaine d’intérêt archéologique à fort potentiel et de certains segments du boulevard Gouin. Il est à secteurs d’intérêt archéologique pour évaluer noter que celui-ci fait partie du parcours riverain le degré de préservation du milieu physique, décrit au Document complémentaire, lequel prescrit localiser les sites archéologiques conservés et des mesures afférentes aux valeurs patrimoniales définir préventivement les mesures de protection du lieu. du patrimoine archéologique. – d’élaborer une stratégie en regard du morcellement • faire des études détaillées sur le patrimoine des lots, particulièrement en ce qui a trait aux industriel pour déterminer une stratégie de grandes propriétés institutionnelles. conservation et de développement des sites ; étudier plus spécifiquement les territoires identifiés – d’élaborer une stratégie en regard des berges : pro- comme ensembles industriels d’intérêt. tection des vues, nouvelles constructions et nouveaux développements, accessibilité au public (voir aussi • établir des balises et des critères permettant de le Document complémentaire). bien planifier et gérer la problématique du patri- moine religieux; favoriser la conservation et la – de procéder à un inventaire des ensembles urbains mise en valeur des lieux de culte les plus impor- d’intérêt des années 1950-60-70. Le repérage du tants relativement à leur valeur patrimoniale ; patrimoine de l’arrondissement n’est pas exhaustif mettre en œuvre des outils de gestion des à ce sujet et n’identifie pour l’instant que le secteur demandes de permis et favoriser l’occupation de Belvédère, qui semble le plus significatif pour l’ar- lieux de culte par des fonctions compatibles ; rondissement. Il y aurait lieu d’investiguer certains favoriser le maintien des caractéristiques des autres secteurs, tel le développement résidentiel ensembles conventuels les plus importants, de compris entre les rues Dollard et Prince, accessible leurs espaces paysagers et des cimetières. par les boulevards Lalande et Gouin, un secteur très homogène et d’ambiance champêtre du fait • accroître la connaissance du patrimoine de l’absence de trottoirs et de la présence de fos- moderne en encourageant la recherche, les sés en bordure des rues, et qui comprend quelques inventaires et les publications à ce sujet. typologies de bungalows construits en série.

• planifier des études à l’échelle montréalaise, – de documenter le secteur Cloverdale et d’élaborer développer des outils et élaborer des lignes direc- une stratégie en regard de son développement afin trices de rénovation et d’agrandissement adap- de conserver certaines caractéristiques importantes tées aux diverses typologies que l’on retrouve du lieu. dans les zones identifiées comme ensembles urbains d’intérêt.

ARRONDISSEMENT 51 de Pierrefonds-Senneville – d’évaluer l’intérêt pan-montréalais des secteurs et Secteur Senneville des bâtiments d’intérêt patrimonial exceptionnel – de documenter (recherche et relevé photographique) en vue de procéder à la création de sites du patri- le secteur des vétérans, dont on prévoit la démolition. moine et à la citation de bâtiments en vertu de la Loi sur les biens culturels du Québec. Il est – d’évaluer l’intérêt pan-montréalais des secteurs et notamment recommandé de documenter, afin de des bâtiments d’intérêt patrimonial exceptionnel les citer, plusieurs maisons rurales du boulevard en vue de procéder à la création de sites du patri- Gouin Ouest, dont certaines présentent indéni- moine et à la citation de bâtiments en vertu ablement un intérêt patrimonial métropolitain. Par de la Loi sur les biens culturels du Québec, et ailleurs, un inventaire et une analyse plus exhaustive notamment : des propriétés institutionnelles déterminerait si cer- • de créer un « Site du patrimoine du village de taines d’entre elles devraient accéder au statut Senneville » englobant les grands domaines et mentionné précédemment. peut-être aussi les habitations du personnel au service des grands propriétaires.

• de déterminer, après avoir considéré la valeur patrimoniale de l’ensemble du corpus des grandes propriétés aux abords du chemin de Senneville, quelles sont celles qui pourraient faire l’objet d’une citation ou d’un classement en vertu de la Loi sur les biens culturels.

– d’envisager, compte tenu que les grandes pro- priétés du village de Senneville ne sont pas visibles de la voie publique, une stratégie permettant de diffuser l’information pour les faire connaître ; d’envisager aussi la négociation d’ententes avec certains propriétaires pour permettre l’accessibilité restreinte aux sites et aux résidences d’intérêt patrimonial à certains moments de l’année, surtout s’il y a création du site du patrimoine du village de Senneville.

52 Évaluation du patrimoine urbain Ville de Montréal 5. BIBLIOGRAPHIE

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