Madagascar Est Classé Parmi Les Pays Les Plus Riches Dans Le Mo
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UNIVERSITE D’ANTANANARIVO FACULTE DES SCIENCES DEPARTEMENT DE BIOLOGIE ET D’ECOLOGIE VEGETALES Mémoire pour l’obtention du Diplôme d’Etudes Approfondies (D.E.A.) Option : Ecologie Végétale ETUDE DE SIX ESPECES ENDEMIQUES ET MENACEES DE Dypsis (Noronha ex Martius) DANS LE PARC NATIONAL DE ZAHAMENA Présenté par RAKOTONAVALONA Andrilalao Manantsoaniaina Soutenu publiquement le 12 mai 2004 Devant la commission d’examen composée de : Pr ésident : Professeur Charlotte RAJERIARISON Ra pporteur : Docteur Bakolimalala RAKOUTH E xaminateur : Docteur Edmond ROGER Docteur Harison RABARISON 2 INTRODUCTION Madagascar est classé parmi les 121 pays les plus riches dans le monde en terme de biodiversité, d’endémicité et d’habitats. Sa flore est diverse et unique. Avec les 12 000 espèces de plantes vasculaires autochtones, environ 10 000 espèces sont estimées endémiques de la grande Ile (Guillaumet, 1984). La valeur de la flore malgache vis-à-vis de la population locale et sur le plan mondial est potentiellement élevée (Du Puy & Moat, 1998). La Famille des Palmiers (Arecaceae) est particulièrement abondante à Madagascar. L’Ile présente environ trois fois plus d’espèces de palmiers que tout le continent africain. 170 espèces ont été recensées sur l’Ile et sont groupées dans 16 genres (Dransfield & Beentje, 1995). Le niveau d’endémisme est élevé aussi bien au niveau du genre que de l’espèce. Cinq des 16 genres sont endémiques de Madagascar et des 170 espèces, 5 seulement ne le sont pas. La richesse des Palmiers malgaches semble être un indice prouvant que le climat du territoire malgache demeure favorable pour les palmiers et que Madagascar est un centre de diversification pour la famille. Malgré son importance, la flore malgache est sérieusement menacée. De la superficie de la grande Ile mesurant 590 000km², environ 18% seulement sont encore couvertes de végétation primaire en 1998. Seulement 6% de ces restes de végétation primaire rentrent dans le Réseau des Aires protégées (Du Puy & Moat, 1998). Le complexe Aires protégées de Zahamena, site de notre étude, est considéré parmi les joyaux de la biodiversité au milieu de la chaîne de Forêts humides de la côte Est de Madagascar. Son écosystème consiste généralement en une Forêt Dense Humide Sempervirente (Rajeriarison & Faramalala, 1999). Des inventaires floristiques et faunistiques ont confirmé la richesse biologique du complexe Aires protégées de Zahamena (Goodman et al., 1991); l’identification de nouvelles espèces considérées extrêmement rares et menacées fait de la Réserve de Zahamena une priorité pour la conservation (Ganzhorn et al., 1997). Parmi les essences forestières du Parc National de Zahamena, se distinguent plusieurs espèces de Dypsis appartenant à la Famille des ARECACEAE, à l’exemple de 3 Dypsis zahamenae, endémique de la région. Certaines espèces de Dypsis sont exploitées par la population riveraine du Parc. Actuellement, Dypsis fibrosa est ciblée dans le plan de conservation de l’ANGAP-Zahamena à cause de sa surexploitation. Beaucoup de palmiers sont sévèrement menacés par la perte d’habitat due aux pratiques de culture sur brûlis et par la surexploitation (Uhl & Dransfield, 1987). Selon Kitzke & Johnson (1975), aucune des espèces de palmier exploitées pour leurs fibres n’est mise en culture, ainsi les fibres sont toutes extraites des forêts naturelles. Cette étude porte sur quelques- unes des espèces qui sont considérées parmi les plus menacées selon la liste citée par l’UICN (2002), la liste envoyée par l’ANGAP Fénérive-Est et les informations obtenues par les enquêtes ethnobotaniques de la population riveraine. Les objectifs de notre étude sont de : Obtenir une liste avec des données de base des espèces menacées de Dypsis dans le PN de Zahamena ; Sélectionner les six espèces les plus menacées et élaborer une carte de distribution de chaque espèce étudiée ; Identifier les menaces sur les populations restantes et connaître leurs statuts de conservation. Dans le présent travail, nous présenterons le milieu d’étude et les généralités sur la Famille des ARECACEAE. La méthodologie adoptée comprenant en premier lieu les études préliminaires, en deuxième lieu les enquêtes ethnobotaniques qui vont aider à cibler les espèces les plus menacées dans le Parc National de Zahamena. En troisième lieu, les études écologiques des espèces sélectionnées et finalement la distribution géographique matérialisée par la carte de distribution de chaque espèce sélectionnée seront présentés. Ces méthodes permettent de prédire le déclin futur et d’estimer les risques d’extinction selon les critères de catégorisation définis par l’UICN (2001). A la fin du travail, nous proposerons quelques recommandations en vue de l’établissement d’un plan de gestion des espèces menacées sélectionnées. 4 PREMIERE PARTIE : GENERALITES A. PRESENTATION DU MILIEU D’ETUDE Dans cette étude du milieu, nous allons présenter le milieu physique et le milieu biotique ayant des impacts soit directement soit indirectement sur la flore et la végétation. 1. MILIEU PHYSIQUE 1.1 Localisation du Parc National de Zahamena Le PN de Zahamena, objet de notre étude est situé dans la province de Toamasina, entre la sous-préfecture d’Ambatondrazaka et la sous-préfecture de Vavatenina (carte n°1). Il s’étend entre 17°30' - 17°43’ de latitude Sud et 48°41’ -49°03’ de longitude Est, à 20km à vol d’oiseau à l’Est du Lac Alaotra et à 50km à l’Ouest de la côte orientale. Les principales localités les plus proches sont Ambatondrazaka et Manakambahiny-Est qui sont respectivement à 30 km et à 4 km au Sud-Ouest de la réserve. La partie Sud est limitée par le Corridor Zahamena-Mantadia et la distance entre les deux Parcs Nationaux est de 120km. La zone d’étude se trouve dans le secteur IV de la parcelle n° 1 et le secteur II de la parcelle n° 2 du PN de Zahamena (carte n°1). 1.2 Situation juridique du Complexe d’Aires protégées de Zahamena Le nom Zahamena a été donné à la région à cause de l’abondance d’une essence caractéristique de la forêt : Dialium unifoliolatum, de la Famille des FABACEAE, appelée localement « Jean mena » ou «Zanamena ». La réserve de Zahamena a été créée le 31 décembre 1927 avec l’idée de protéger la végétation et la faune de la falaise orientale et pour éviter l’assèchement de la région du Lac Alaotra, grenier de riz de l’Ile. Elle est régie par le décret n° 66-242 du 01 juin 1966. Depuis 1994, après les requêtes faites par les populations environnantes, le Parc National de Zahamena a été créé. La réserve de Zahamena a été déclassée par la suite en complexe d’Aires protégées constitué par le Parc National (PN) de catégorie II (parcelles du Parc n°1 et n°2) et la Réserve Naturelle Intégrale (RNI) de catégorie Ia (parcelle RNI), (carte n° 1) suivant la classification de l’UICN, depuis le 07 d’Août 1997 (Conservation International, 1999). Actuellement, le complexe d’Aires protégées de Zahamena est géré par l’ANGAP/Fénérive-Est. La superficie totale est de 42 090ha. La parcelle n°1 occupe 5 6 36315ha, la parcelle n°2 compte 5 775ha et la RNI de 22 263ha (Ministère des Eaux et Forêts, 1993). 1.3 Géologie et pédologie Le PN de Zahamena repose sur le socle cristallin du système de Vohibory d’origine précambrien. Les granites, gneiss et schistes sont prédominants. Des filons de graphite, de quartzite et des filons basiques y sont aussi rencontrés (Bésairie, 1964). Les sols sont ferrallitiques typiques rouges sur roches acides en phase humifère locale (Riquier, 1960). Ce type de sol est caractéristique des zones intertropicales sous l’influence d’une pluie chaude tombant sur des roches couvertes par les forêts ombrophiles. L’abondance de pluie chaude détermine l’acidité du sol (Duchaufour et al. 1967). 1.4 Géomorphologie et topographie Du point de vue géomorphologique, le relief est fortement accidenté présentant de nombreuses vallées encaissées et de nombreux bassins versants. Les pentes peuvent dépasser 80%. Les plus grandes vallées divisent la réserve en deux blocs, celui de l’Est et celui de l’Ouest. L’altitude varie de 244m à 1550m (Conservation International, 1999). 1.5 Réseau hydrographique La parcelle n° 1 du PN de Zahamena est beaucoup plus arrosée que la parcelle n°2 (carte n°1). Le PN de Zahamena est une réserve d’eau importante pour la plaine côtière de l’Est et la plaine du lac Alaotra. Les principaux cours d’eau qui coulent vers l’Est sont le fleuve de Maningory vers le Nord et celui de l’Onibe vers le Sud (Conservation International, 1999). 1.6 Climat Le climat régional aux environs de l’Aire protégée caractérise les forêts humides tropicales. Les données sur les températures et les précipitations des dix dernières années ne sont pas disponibles car les stations météorologiques à proximité du Parc à Manakambahiny-Est et Vavatenina ne fonctionnent pas. 7 Les forêts de Zahamena occupent généralement les zones à précipitation élevée, plus de 3 000mm, jusqu’à une élévation de 800m du niveau de la mer (Koechlin et al. 1974). Elle peut atteindre jusqu’à 4 000mm durant la période de cyclone. La région est soumise directement à l’action des Alizés qui apportent constamment une humidité importante. Ces vents provoquent des chutes de pluies abondantes pendant une grande partie de l’année (Kostermans, 1950). La pluviométrie annuelle varie de 1 800mm à 2 000mm et il n’existe que trois mois écosecs très marqués, à partir du mois d’août jusqu’au mois d’octobre, dans la zone ouest du PN de Zahamena. Les cyclones sont fréquents du mois de janvier au mois de mars. L’humidité relative est élevée : entre 80% et 90%. La formation de brouillards est notée dès que la température s’abaisse.