Thèse De Doctorat

Thèse De Doctorat

Ministère des Enseignements Secondaire REPUBLIQUE DU MALI Supérieur et de la Recherche Scientifique Un Peuple - Un But - Une Foi ************************************** ********************************* Université de Bamako ************************************* Faculté des Sciences et Techniques *************************************** D. E. R. de Biologie *************************************** ____________ Thèse de Doctorat Présentée par Boureima TRAORE Pour obtenir le titre de docteur de l’Université de Bamako Option : Ecologie Appliquée Effets des techniques de gestion de la fertilité sur le sol et sur les systèmes de culture à base de mil dans la région de Mo pti au Mali. Soutenue le 20 juin 2009 Jury : Président : Pr. Fafré SAMAKE, Professeur à l’IPR/ISFRA de Katibougou Membres : Pr. Messaoud LAHBIB, Professeur ISFRA/l’Université de Bamako Dr. Bino TEME, Directeur de Recherche, Institut d’Economie Rurale (IER) Pr. Seydou ZIBBA MAIGA Professeur à la FAST, Université de Bamako Dr. Oumar NIAGANDO, Directeur de Recherche, Fondation Syngenta Pr. Mohamed SIDDA MAIGA Professeur à la FAST, Université de Bamako Effets des techniques de gestion de la fertilité sur le sol et sur les systèmes de culture à base de mil INTRODUCTION Thèse présentée et soutenue par Boureima TRAORE 1 Effets des techniques de gestion de la fertilité sur le sol et sur les systèmes de culture à base de mil INTRODUCTION L’Afrique au sud du Sahara se trouve en situation de déficit alimentaire permanente. Les populations ont de plus en plus des difficultés à satisfaire leurs besoins alimentaires. En 1950, selon l’Organisation de Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), un paysan était capable de nourrir 0,8 citadin ; en 1980, il fallait qu’il en nourrisse 2,5. Avec la croissance démographique dans ces pays, en 2010, il faudra qu’un paysan puisse nourrir sept personnes selon Poly., 1991. Depuis 1990, la valeur ajoutée du secteur agricole a enregistré une croissance de 1,4 % (2 % en 1980) alors que la croissance démographique est en moyenne de 3 % par an, contribuant fortement au déficit des balances commerciales. Si les tendances actuelles se maintiennent, le déficit céréalier en Afrique Subsaharienne estimé à 9 millions de tonnes par an, va tripler dans vingt cinq ans (Kébé., 1999). La situation est encore plus critique au Sahel, qui a connu une grave crise alimentaire au début des années 70. De 1971 à 1973, la production céréalière totale chutait de 21% entraînant du coup une baisse des ressources totales en céréales. L’autosuffisance alimentaire demeure de toute évidence une préoccupation constante de la sous région sahélienne. Ce contexte tient essentiellement à deux raisons fondamentales : sur un premier plan, l’agriculture est d’une importance vitale pour l’ensemble des économies nationales au Sahel ; elle fournit pour la plupart 35 à 60% du Produit Intérieur Brut (PIB), occupe 80 à 90% de la population active et procure environ 60 à 98% des recettes d’exportations totales. Sur un deuxième plan, les céréales occupent la place dominante, aussi bien dans l’agriculture que dans les structures de consommation alimentaire (Dioné, et al., 1994). Au Mali et plus particulièrement dans la région de Mopti, les céréales constituent l’aliment de base des populations. La rrégion de Mopti est constituée de trois grandes zones agro- écologiques: le Delta Intérieur du Niger, le Plateau Dogon, et le Séno. La région est à cheval sur la zone sahélienne (isohyètes 150 à 550) et la zone soudanienne Nord (isohyète 550 à 750). La quasi-totalité de la région appartient au bassin versant du fleuve Niger et dans une moindre proportion au bassin de la Volta noire. Située en grande partie en zone semi aride, la région est caractérisée par un climat tropical alternant deux saisons : une longue saison sèche et une courte saison pluvieuse, de fortes températures dont la moyenne est de 33°C, une longue période d’ensoleillement d’environ 3200heures, et des pluies aléatoires et irrégulières. Quant à l’évapotranspiration, elle varie entre 2300 et 2750mm (CNRA/IER., 1998). La population est estimée à 1 565 000 habitants (environ 52% de femmes) (DNSI., 1998) pour une superficie de 17 503km2. Cette population est répartie entre sept grands groupes ethniques : les Dogon, les Bambara, les Marka et les Bobo qui sont des agriculteurs, des agro-pasteurs ou des artisans. Les Bozo et les Somono sont des pêcheurs ou des agro–pêcheurs ; les Songhaï, des agro-pasteurs ou commerçants et les peuhls des éleveurs ou agro-pasteurs. Essentiellement rurale (80%), la région connaît un accroissement naturel très élevé (3,7% en 1998) et l’exode saisonnier fait partie de la vie des populations surtout celles du Plateau (CNRA/IER., 1998). Dans la région coulent le fleuve Niger et ses défluents, le Bani, le Sourou, les « Yamés » ou marigots alimentés par les eaux de pluie. Il existe aussi une multitude de mares et lacs qui se révèlent très importants pour leur exploitation agricole, piscicole et pastorale avec la maîtrise de l’eau qui se développe de plus en plus. Les ressources en eau souterraine ne sont pas non plus négligeables. Thèse présentée et soutenue par Boureima TRAORE 2 Effets des techniques de gestion de la fertilité sur le sol et sur les systèmes de culture à base de mil Les ressources en terre de la région sont caractérisées par une grande variabilité de la nature des sols et de leur fertilité. Selon des études menées par le Projet Inventaire des Ressources Terrestres (PIRT., 1983)), le potentiel cultivable représente 1 500 000hectares, soit 19% du total national. Les superficies actuellement cultivées font moins de 400 000hectares en culture sèche. Le potentiel des terres irrigables est estimé à 910 000hectares. Le niveau d’exploitation des terres cultivables est de 60 à 80% au niveau du Plateau Dogon contre 75 à 80% dans le Séno. (PIRT, 1983). La région de Mopti dispose de riches pâturages naturels répartis entre plusieurs aires dont le Delta, le Gourma et le Séno qui en font une région très favorable à l’élevage. Les caractéristiques naturelles des zones de pâturage impliquent leur exploitation par transhumance, selon l’alternance des saisons en parcours inondés et exondés. L’essentiel des pâturages de la région est localisé dans le Delta Central du Niger avec une superficie de 680 850hectares. Les bourgoutières et pâturages d’hivernage des zones exondées sont d’environ 23 000 km2. Ainsi, le potentiel de l’élevage de la région de Mopti lui confère la première place avec 22,33% de bovins, 23,47% d’ovins et 24,3% de caprins. La contribution de l’élevage dans les recettes d’exportation s’élevait à plus de 3 milliards de FCFA en 1995. Le secteur souffre de l’insuffisance d’unités de transformation des productions animales et de la faible organisation des circuits de commercialisation (CNRA/IER., 1998). Malgré les nombreuses potentialités existant dans la région, les actions de développement tendant à leur mise en valeur sont fortement entravées par les contraintes agro climatiques telles que l’insuffisance et l’irrégularité des pluies, les températures élevées provoquant une augmentation de l’évapotranspiration, la croissance démographique, la complexité et l’ampleur des mouvements migratoires, l’exode rural, le faible taux de scolarisation, la faiblesse des allocations budgétaires régionales au développement humain et surtout à la faiblesse des revenus des populations pour lesquels la région se classe en dernière position par rapport aux autres régions, 25 336FCFA contre 60 437FCFA pour le pays selon l’Enquête Malienne de Conjoncture Economique et Sociale (EMCES, 1994). Depuis l’indépendance, plusieurs programmes et actions de développement ont été menés et certains sont en cours dans la région. Ce sont entre autres : Les Opérations de Développement Rural (ODR), qui ont été créées après la sécheresse des années 1970. Leur rôle consistait à se spécialiser dans des filières agricoles précises suivant des zones agro écologiques. En plus de l’encadrement agricole et de la fourniture des intrants, les ODR s’occupaient de toutes les questions de développement économique et social des zones (santé, éducation etc.). La gestion de la fertilité des sols se faisait principalement à travers l’utilisation des engrais minéraux. Suite à la mauvaise gestion des ODR, l’Etat a entrepris une politique de désengagement à partir des années 1980 avec comme objectif le transfert progressif des compétences aux organisations paysannes (OP) ou aux paysans. La Société de Crédit Agricole et d’Equipement Rural (SCAER), créée en 1964, a été la première institution du crédit agricole au Mali. Elle a été remplacée par la Banque Nationale de Développement Agricole (BNDA) en 1981, et d’autres organisations privées. Cette politique de crédit agricole a permis de soutenir la mécanisation, l’approvisionnement en intrants, et le développement des systèmes financiers décentralisés (micro-finance, épargne). Il faut noter que cette politique est inexistante dans la majeure partie de la région. Thèse présentée et soutenue par Boureima TRAORE 3 Effets des techniques de gestion de la fertilité sur le sol et sur les systèmes de culture à base de mil Le service des Eaux et Forêts, les projets de développement, et des ONG ont entrepris des actions de conservation des eaux et des sols. Ces actions comprennent : le reboisement à travers l’agroforesterie, les plantations de bosquets, la lutte anti-érosive par la confection de digues et diguettes, les cordons pierreux. Un accent particulier a été mis sur l’intégration agriculture élevage à travers l’utilisation de la fumure organique disponible. La gestion des ressources naturelles sous l’égide du Programme de Gestion des Ressources Naturelles (PGRN) devait permettre le développement durable et contribuer à la lutte contre la dégradation des écosystèmes. La politique nationale de vulgarisation agricole a évolué d’une vulgarisation de masse sous la première république à une vulgarisation rapprochée assurée par les ODR.

View Full Text

Details

  • File Type
    pdf
  • Upload Time
    -
  • Content Languages
    English
  • Upload User
    Anonymous/Not logged-in
  • File Pages
    196 Page
  • File Size
    -

Download

Channel Download Status
Express Download Enable

Copyright

We respect the copyrights and intellectual property rights of all users. All uploaded documents are either original works of the uploader or authorized works of the rightful owners.

  • Not to be reproduced or distributed without explicit permission.
  • Not used for commercial purposes outside of approved use cases.
  • Not used to infringe on the rights of the original creators.
  • If you believe any content infringes your copyright, please contact us immediately.

Support

For help with questions, suggestions, or problems, please contact us